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[Écrit RP] Éloge sur la contemplation

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MessageSujet: [Écrit RP] Éloge sur la contemplation [Écrit RP] Éloge sur la contemplation Icon_minitimeMar 1 Nov 2016 - 14:43

Les textes qui vont suivre sont à prendre comme étant écrits par Claire Lunovel : il s'agit de son premier cahier sur les réflexions qu'elle a eues durant les mois qui se sont récemment écoulés.


Sommaire

Dédicace et avertissement
Chapitre 1. Ce qu'il faut penser des détracteurs de la solitude
Chapitre 2. L'état commun et la nécessité de la philosophie
Chapitre 3. Sur la mélancolie et la tristesse
Chapitre 4. Sur la réversibilité, la solidarité et les bonnes œuvres
Chapitre 5. L'obstacle à l'altruisme
Chapitre 6. De la chasteté
Chapitre 7. De la contemplation
Chapitre 8. L'influence des solitaires
Chapitre 9. La vocation contemplative
Chapitre 10. Le monde et l'esprit
Chapitre 11. De l'excellence de la solitude




Dernière édition par Claire Lunovel le Mar 1 Nov 2016 - 16:02, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Écrit RP] Éloge sur la contemplation [Écrit RP] Éloge sur la contemplation Icon_minitimeMar 1 Nov 2016 - 15:09


Dédicace et avertissement

[Dédicace]

Ce cahier a été écrit et médité dans la tranquille solitude des contrées elfiques, dans l'austère et harmonieuse tranquillité des bibliothèques de la Rhapsodie ; il a été formulé et achevé dans cette demi-solitude, que je me suis bâtie à grand peine au cœur de la grande cité d'Aldaria. Ce livre est donc à la fois un fruit de la nature et de la ville. J'espère qu'il a conservé sa sève native, son parfum enchanteur et quelque peu érémitique, tout en perdant ses plus rudes aspérités et les desseins moins nobles qu'on pourrait lui prêter.

On demandera sans doute, pour qui et pourquoi j'écris ce livre. A la première question, c'est d'abord pour le petit nombre ; à la seconde, c'est pour revendiquer le droit naturel supérieur et justifier l'exercice que produit ce droit en lui-même.

S'il vous déplaît, laissez ce livre : il ne vous regarde pas. Si vous vous plaisez dans le monde, restez-y, de toutes vos forces : personne et jamais moi ne vous forcera de le quitter, et la solitude naturelle, à ce qu'elle est, n'a pas besoin de vous. Mais ne vous avisez pas de contester à quelques-uns le droit de vous quitter, de se retirer dans la solitude et d'y vivre heureux, sans vous, sans votre secours, et malgré vos suppléas impuissants et vos blâmes, autant que cette solitude se prolonge ou qu'elle soit aiguë.

Ainsi, ce livre ne s'adresse pas à vous, hommes et femmes du monde, guerriers ou artisans, petites gens ou mondains : ce langage pourrait être inconnu, difficile à comprendre, peut-être même un scandale ou une folie. Je vous prie de laisser de livre, il n'a pas été écrit pour vous. Mais si vous vous en sentez dignes, lisez-le.

A qui donc est-il dédié, dans des temps et dans des terres où la tendance générale est vers le perfectionnement égotique et matériel, une plaie à ce qu'est le monde ? A qui donc est-il dédié, ouvrage prônant l'ascétisme et la philosophie, à un temps où la licence est de mise ?

Je dédie ce livre aux hommes dont l'intelligence n'a pas été obscurcie par la prévention, ni le cœur abaissé par la grossièreté d'une vie tout extérieure à lui. Je le dédie à ceux qui veulent bien le lire, si peu sont-ils, qui ne sont que les agents énergiques du monde et de la Vie.

Je le dédie à ceux de nos jeunes amis qui sont effrayés par les tâches des mortels, des périls et des difficultés des ministères, et voulant mettre leur destinée à l'abri de circonstances précaires pour l'esprit, qui cherchent le réconfort illimité d'une vie qui est heureuse de fournir de la conscience et de l'indépendance, qui les préserve de la misère ou de l'avarice, qui sauve l'honneur d'exister et leur donner les lettres de noblesse dans leur cœur, en les mettant au-dessus des faiblesses des uns, des passions des autres et de l'inertie de tous, en haine de la vérité.

Je la dédie à votre esprit, enfin. Si ce livre peut éclairer quelques uns, encourage et confirme une seule personne, dans sa haute et rare vocation qu'il pourrait s'adonner, j'aurais alors obtenu un immense succès. Je pourrais alors l'abandonner sans doute et sans inquiétude, car j'aurais confiance de sa qualité à réfléchir par lui-même, pour lui-même et en lui-même. Quoiqu'il advienne, j'accepte le sort qu'on fera de cet ouvrage et de ma personne. Je ne réponds que de mes propos et n'ai voulu que le bien.

Maintenant, puisse la connaissance vous accueillir.

[Avertissement]

Entre toutes les personnes que j'ai connues, il s'en trouva une dont l'esprit était le plus vif et le plus fertile en réflexions. Après que tous les autres se furent exprimées, il se leva lentement et, au lui de discuter avec les anciennes traditions, comme avaient fait tous les autres, il opposa avec éloquence des arguments nés de la pensée philosophique la plus pure. Les génies encyclopédiques, face à cette nouvelle logique si bien démontrée, ne trouvèrent pas à y redire, et ils durent acceptés les propos sages qui venaient d'être déclamés.

Je suivrai la même démarche, autant qu'elle sera possible, en procédant, par la réflexion depuis l'essence même des objets.


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MessageSujet: Re: [Écrit RP] Éloge sur la contemplation [Écrit RP] Éloge sur la contemplation Icon_minitimeMar 1 Nov 2016 - 16:01


I - Ce qu'il faut penser des détracteurs de la solitude

Je reconnais, dès le début de ce cahier, que je n'ai aucune autorité personnelle, ni celle du savoir, ni celle du talent, ni celle surtout de la piété. Il m'eût été plus facile et plus agréable de parler notre propre langage ; mais je me suis fait un devoir de faire parler les autres avant tout. Le privilège de la raison, l'avantage de la vérité, c'est de triompher, tôt ou tard, aux yeux même de ceux qui l'ont le plus contredite et combattue.

Ainsi, malgré la cécité volontaire que certains pourraient avoir ; malgré le mépris et l'indifférence de mes contemporains, malgré la fausse inquiétude de certains proches (car elle est obligée d'examiner et d'éprouver d'abord toute vocation, surtout lorsqu'elle paraît extraordinaire, afin de la protéger ensuite), je pense le moment arrivé, où c'est une charge pour toute personne convaincu d'oser proclamer la nécessité de la solitude et de la contemplation, pour Armanda.

Oui, je m'écris alors : je me lève et je demande la solitude !

Si, à défaut d'écrivain plus capable et plus digne, si je viens parler de la vie contemplative et d'ascétisme au milieu de nos appétits et de nos passions politiques, on me blâmera peut-être, du moins ne m'accusera-t-on pas de propager un abus : ce n'est pas de ce côté que penche notre époque, c'est vers un autre pôle qu'il gravite, je n'espère pas me tromper. On ne m'accusera pas non plus de courtiser une puissance : celle des apprêts politique m'est depuis longtemps passée ; partout des vents me l'ont balayer du sol au ciel. D'Aldaria à Estëllin, voyez comme je n'y prête guère plus d'attention, comme le désert est le désert.

Mais aussi, une question est palpable : qu'a pensé le monde de la vie que j'ai menée et de moi-même, qui me suis retirée dans les contrées plus calmes ?

Je goûtais chez les elfes les douceurs de la retraire, lorsque ma paix fut troublée par l'affligeante nouvelle de problèmes que ma famille connut, alors que j'étais absente, et qui troubla mon cœur d'une amère douleur. On disait que c'était le comble de la folie qu'une jeune fille comme moi, qu'on avait élevée avec grand soin, pour être la fierté de ses parents et pour faire honneur à sa famille et à sa patrie, renonçât à retourner auprès d'eux, en dehors de toute prétention, pour ensevelir la douceur qu'elle avait dans une chartreuse à agiter les arcanes magiques.

C'était quelque chose qui me désola, car j'étais certaine, dans la plus belle confiance que j'avais pour mes pairs et pour ma famille, rayonnante de qualités et de ressources, qu'elle s'en sortirait sans mon aide. Je me mis plutôt à étudier et à employer ce que j'avais à apprendre et à connaître le monde.

Il y a donc bien des détracteurs de cette vie solitaire que je tentais de mener.

Il arriva que quelques individus me médisaient sans qu'ils furent coupables, et jamais je ne le penserai, parce que je me proposais à moi-même pour ma consolation des injures que je recevais. Je ne m'étonnais pas si le monde me haït : il y a beaucoup de personnes qui louent la vie solitaire plus qu'elles ne le doivent, de sorte qu'afin que la louange ne leur soit pas une occasion de s'élever et de se laisser surprendre par les mêmes problèmes qu'ils se disaient éviter, il faut rendre à la solitude ce qu'elle est réellement.

La vie solitaire a été néanmoins embrassée par un grand nombre de personnes, chose qui me causa un certain étonnement ; mais elle est, à ce que je sentais, encore méconnue et décriée, comme elle n'était pas véritablement définie. Certains l'ont définie comme l'ornement de la sagesse, chose que les elfes me communiquèrent, mais malgré mes recherches dans les bibliothèques de la Rhapsodie, je ne pus trouver d'ouvrage faisant référence à cette expression.

Je crois pouvoir me lever avec raison la hardiesse et le peu de retenue de quelques personnes qui osent entreprendre de condamner la vie de ceux qui se sont retirés dans la solitude, parce qu'elles s'imaginent qu'ils sont tout à fait inutiles, et que d'ailleurs on ne les voit jamais paraître dans le monde, ni s'engager, comme le reste des personnes, dans les embarras et les soins des affaires temporelles. Je pense pouvoir me permettre d'éclairer le comportement de ces personnes, sans en faire l'absolue généralité et je prie de m'excuser si cela est le cas.

A qui dirais-je que ressemblent ces personnes, si hardies et si promptes à condamner ainsi ce qu'elles ignorent, sinon à des aveugles qui, étant privés de l'usage de la lumière, s'efforceraient par des discours entièrement dépourvus de sagesse et de raison, de trouver à reprendre dans tout ce que font les personnes doués d'une excellente vue ; et qui se moqueraient de ceux qui peuvent marcher sans avoir besoin d'un guide ? Mais, si ces personnes avaient la connaissance de ce qui regarde en elles l'homme intérieur, elles sauraient combien la vie solitaire est excellente ; combien elle est belle en elle-même, faut-il s'étonner si elles ne peuvent pénétrer les mystères d'un genre de vie dont elles sont si éloignées. Et voilà pourquoi elles le méprisent ; voilà pourquoi elles ne veulent point le suivre, et ne craignent point de le déchirer par leurs médisances. Et elles sont dans ces dispositions à l'égard de la solide (quoiqu'elles sachent qu'elle ait été approuvée et justifiée par la vie et l'autorité des sages), parce qu'elles ne se sentent pas capables d'atteindre la perfection de cet état. Elles louent seulement ce qui leur est agréable, et ce qui flatte leurs sens. Et elles aiment tellement les choses qui sont conformes et favorables à leurs intentions et à leurs désirs, qu'elles ne se lassent jamais d'en faire des louanges. Elles ont en mépris et en aversion toutes les conditions, exceptée la leur. Que ces hommes, qui sont assez hardis pour déchirer par leurs médisances une conduite qui est différente de la leur, se souviennent que la nature humaine est la même pour chacun. Qu'ils se souviennent, que toute la gloire et la magnificence qu'ils tirent des affaires communes, qui sont les enfants de la politique, n'est que la conséquence d'un tout. Cette variété d'enrichissements et cette diversité de personnes nous figure de quelle manière l'esprit se multiplie et se communique différemment dans la diversité des nations armandiennes. Les plus sages, qui connaissent un peu plus la nature, le tempérament et les diverses inclinations des politiques, ont établi pour eux des canons.

Aussi, que ceux donc qui ne veulent pas embrasser la vie solitaire, je le dis, cessent de détruire cette unité réelle et de déchirer la nature, non seulement à cause de la beauté dont elle est couverte, mais encore par la variété des personnalités. Cette beauté signifie la charité, je me tâcherai à le démontrer par la suite ; cette variété les conditions de chacun d'entre nous. Je crois que ces personnes retirées et solitaires, dont je fais partie dans une certaine mesure, sont visitées par la nature plus que les autres par des consolations naturelles, puisque l'amour qu'elles ont pour celle-là leur a fait abandonner les consolations humaines, bien qu'elles soient tout à fait suffisantes, je tiens à le noter. On ne doit donc pas faire peu d'estime de ceux que la nature nourrit d'un courant intérieur, en les tenant séparés des autres. Et quoiqu'ils soient considérés comme des individus inconnus, et qu'ils semblent être, dans le monde, les moins utiles des vivants, quand à ce qui regarde les œuvres extérieures, il est néanmoins certain qu'ils le servent en plusieurs importantes manières. La fuite de ces généreux solitaires est donc infiniment digne de respect, puisque c'est en fuyant ainsi qu'ils se détournent des choses nuisibles, qu'ils préviennent les périls, qu'ils évitent les causes et les occasions de causer du tort, qu'ils désirent la connaissance éternelle et qu'ils entretiennent en eux une sainte ardeur de s'attacher inséparablement à la nature.

C'est pour cela qu'ils vont dans des lieux les plus cachés de la solitude afin qu'en s'y occupant de la nature avec une pleine liberté, ils soient en sûreté, par la protection naturelle, contre tous les troubles et toutes les agitations qu'on pourrait connaître dans un monde plus rapide.

Il faut donc préserver dans la solitude avec assurance et tranquillité, et dans la plus grande joie de l'esprit. Il ne faut point craindre la condamnation d'autrui, ni s'épouvanter des artifices et des attaques qu'on pourrait recevoir. C'est pourquoi, souhaitant à donner à ceux qui font le choix de la solitude tous les secours que je puis, pour les aider à obtenir le bonheur qu'ils se promettent, je me propose, en ma simple qualité d'Armandienne, de faire un traité de la vie solitaire. J'ai pour but d'essayer de les instruire, de les exhorter, de contribuer à leur consolation et à leur joie. Mais mon ignorance, ne pouvant me fournir les choses qui sont nécessaires pour bien faire cet ouvrage, abaissant mon cœur, je demande, avec toute l'humilité dont je suis capable, que la sagesse daigne répandre sa connaissance dans mon esprit, quelque indigne que j'en sois, afin que je travaille pour sa nature. J'espère que cette sagesse m'accorde de ne pas abandonner les sentiers de la vérité et de ne pas cacher, par le silence, les connaissances qu'elles m'aura communiquées, et les sentiments qu'elle m'aura donnés. J'en appelle donc au Verbe éternel, mon fidèle compagnon, pour expliquer les mystères de la vie solitaire, qui est cachée au commun des vivants.

Malheureusement, le monde est encore aujourd’hui ce qu’il a été de tous temps, l’ennemi et le détracteur de la vie érémitique et contemplative, et de tous ceux qui l’embrassent et y attirent les autres.




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