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[INTRIGUE] Un Nouvel Ordre (Korentin ; Ashy) TERMINE

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MessageSujet: [INTRIGUE] Un Nouvel Ordre (Korentin ; Ashy) TERMINE Dim 24 Nov 2013 - 20:44

«La soif de dominer est celle qui s'éteint la dernière dans le cœur de l'homme. » Machiavel
Dark Ages



Gunter était un idiot. Tout le monde le savait. Et tout le monde le méprisait. Par (mal)chance, il ne valait pas la peine de perdre son temps avec ce pauvre homme au regard vide. On l’ignorait donc. Et si son enfance avait été parsemée de souffrances aussi diverses que variés (la cruauté enfantine n’ayant nulle limite), depuis qu’il était adulte et qu’il avait un poste au Palais, on lui fichait la paix. Mais voilà. Ce qui aurait dû être une délivrance n’en était pas une. Loin de là.

Bien au contraire, Gunter avait l’affreuse impression de ne plus exister. Il s’était toujours définit par rapport aux autres, à leurs réactions. Seulement, plus personne ne faisait attention à lui désormais. Qu’ils fussent nobles ou serviteurs. On l’ignorait tout simplement. Gras, laid et ne pouvant soutenir une conversation trop compliqué, il n’y avait jamais eu que sa mère pour s’intéresser à lui. Avant, il lui envoyait de l’argent, mais depuis son décès, il était seul.

Jusqu’à qu’il rencontre le maître. Lui aussi était seul. Il ne le montrait pas, mais Gunter l’avait bien vu. Le maître parlait avec lui de temps en temps. Pas souvent, mails il était très occupé. C’était un noble après tout. Néanmoins il était bien content de s’être fait un ami, alors il lui rendait volontiers toutes sortes de service. Le maître avait voulu le payer, mais il avait refusé. De l’argent il en avait déjà. Non, il préférait que le maître parle avec lui de temps en temps. Il ne savait pas bien pourquoi, mais cela lui plaisait.

Ce jour là, Gunter faisait la chambre d’un des nordiques. Il n’aimait pas ces hommes, il y avait quelque chose chez eux qui le terrifiait. Le maître lui, était toujours gentil et bon avec lui. Mais les hommes de son calibre ne courrait pas les rues. Cela, Gunter le savait bien. Et il était d’autant plus fier d’être son ami.

Un bourdonnement dans son oreille agaça le serviteur. Il avait l’impression qu’on l’appelait, et cela le dérangeait car il devait finir son travail. Cependant le bruit ne cessait pas. Fatigué, il décida finalement de voir d’où il venait. Cherchant dans la pièce, il se retrouva rapidement à faire les poches des vêtements du seigneur du nord. Celui-ci devait faire ses ablutions dans la pièce à côté. Peu importe, personne ne faisait attention à Gunter.

Finalement, il mit la main dessus. Comment appelait-on ces petits objets déjà ? Il ne savait plus. Mais si celui-ci parlait, ça intéresserait sûrement le maître. Ravi à l’idée de lui faire plaisir, le serviteur se mit en quête de celui-ci…


***

Fabius observait attentivement la chevalière, se remémorant toutes ces heures passées avec son maître. Jamais vraiment d’accord, mais tout aussi fascinés par cet étrange artefact. Et maintenant, il était en sa possession. C’était dangereux, évidemment. Le Borgne n’était pas stupide, il avait vu au plus près les pouvoirs de la bague et ses effets sur son porteur. Néanmoins il se sentait en sécurité. Pour une raison qu’il ignorait, il sentait que Dévoreuse ne lui voulait aucun mal.

Le pouvoir… le pouvoir… accapare… prends… Ô passeur… diriges-les !


Probablement parce que cette entité et lui partageait la même obsession. A moins qu’elle ne soit que l’écho de ses propres pensées… quelle importance au fond ? Il avait toujours rêvé de discourir avec lui-même. Un bon moyen de n’être jamais en désaccord, d’avoir toujours raison. Le magicien choisit par Néant (étrange paradoxe) se leva de son siège, contourna son bureau et manqua de trébucher sur le cadavre qui salissait son tapis vieux de trois cents ans.

Quel était son nom déjà ? Il ne savait plus. L’un de ses nombreux espions au Palais. En revanche, il se souvenait qu’il n’avait ni famille ni amis. En somme, personne ne le chercherait et sa disparition ne causerait nul remous. De la même manière, maintenant personne ne pourrait l’accuser d’avoir dérobé l’artefact. Une pierre, deux coups. Fabius s’autorisa un bref moment d’autocongratulation intérieure.

Puis il se mit au travail. La suite des opérations nécessitait un plan et un bon. Il n’était pas homme à agir sur un coup de tête. Il allait prendre le pouvoir, oui, et quand il le ferait ce serait d’une manière froide, méthodique et impitoyable.


Avec mon pouvoir, tu règneras sur l’humanité…

Oui… Il était grand temps que l’Empire retrouve son Empereur.

Lui. Évidemment.


***

La respiration de Grégorist Kohan était irrégulière, mais ses battements de cœur restaient stables. Les guérisseurs tout autour de lui, veillaient avec une vigilance extrême sur le sommeil de leur souverain. Certes, la soirée ne faisait que commencer, mais les blessés avaient besoin de beaucoup de repos. Particulièrement lorsque la blessure avait été causée par les armes du Néant. Cette entité aussi vieille, si ce n’est plus, que le Temps et dont on ne savait pas grand-chose. Voir rien du tout.

Le jeune homme tenait entre ses mains la destinée de toute un peuple et de tout un Empire. Mais cela faisait maintenant plusieurs semaines qu’il était incapable de tenir ses responsabilité. Son cousin avait été nommée Régent, mais la cour (au moins en apparence), attendait son retour. Alors cette grande chambre où s’affairaient hommes et femmes de savoir avait comme un goût de désespoir inavoué.


***

Une semaine avait passée depuis que la chevalière était venue en sa possession. Fabius ne se précipitait pas, il n’y avait après tout, aucune raison pour cela. Le trône n’allait pas s’envoler. Bien au contraire, il donnait une réception. Le siège malmenait tout le monde, bien qu’à des degrés différents. Cependant il fallait profiter des brèves accalmies pour renforcer l’unité. Korentin était incapable de comprendre cela, pour lui ce n’était que du gaspillage de ressources. Mais Le Borgne, lui, voyait cela comme un investissement.

Le buffet avait été strictement limité, à cause de la guerre. Enfin officiellement. La véritable raison étant l’image que Fabius voulait donner à la ville. En effet, il avait invité à cette petit fête toutes les familles influentes de la ville. Toutes celles qui avaient du poids. Un afflux de roturiers qui en d’autres temps auraient scandalisés les nobles. Mais aujourd’hui, à l’aune de leur propre destruction, ils comprenaient tous l’intérêt de s’assurer les loyautés.

Une manière de dire : nous aussi, nous nous privons et ce qu’il nous reste, nous le partageons bien volontiers avec vous. Lors de son discours, Fabius allait d’ailleurs annoncer la distribution de denrées au peuple sur ses fonds personnels et il inviterait ses compères à en faire autant.

Un sourire charmeur illuminant son visage, il monta sur l’estrade et parla.


***

Au même moment, dans la chambre du roi, les choses se compliquaient. Son pouls s’était soudainement emballé, devant la stupeur et l’incompréhension des veilleurs. Les membres de l’Empereur, tel un pantin désarticulé, s’agitèrent dans tous les sens. Il toussa et cracha du sang tandis que les guérisseurs tentaient de le contrôler. Un professionnalisme de bon aloi ayant remplacé très vite une peur panique.

- Tenez-le ! Les jambes aussi !
- Dépêchez-vous, il fait une crise !
- Que se passe-t-il ?
- Une attaque !
- Non, attendez !
- Quoi, par tous les Esprits !
- Regardez sa blessure !


La plaie s’était rouverte, noirâtre et fumante. Elle dégoulinait abondamment : mélange de sang, de pus et de bile.

- Dracos ! Elle s’est infectée !
- Aussi vite ?
- Peu importe, faites venir le Maître-Mage !
- Il est absent !
- Quoi ? Mais, qu’est-ce qui plus important que la vie du souverain ?
- Des négociations, je crois…


Alors que les jurons s’enchainaient, le corps du roi retomba aussi soudainement qu’il s’était agité sur les draps humides. On le palpa. En vain.

***

Le discours avait été une réussite. Mais Fabius n’en attendait pas moins. Ses talents naturels alliés à son totem, et il n’y avait rien qui puisse se mettre en travers de son chemin. Excepté deux ou trois petites choses, certes, l’une d’elle était d’ailleurs en passe d’être réglée. Il n’avait pas l’horaire exact en tête, mais normalement, ce ne serait plus très long. Un mince sourire se dessina sur son visage.

Le pouvoir… Prends le pouvoir…

Inutile de le lui rappeler. Voilà longtemps qu’il en rêvait et ce bien avant qu’une bague lui vienne en aide. Alors qu’il discutait avec l’un des marchands les plus en vue de la ville (dû moins avant le siège), un page entra en trombe dans la grande sale, l’air paniqué.

Il est mort ! L’Empereur est mort !


Il y eut des cris, des pleurs et des exclamations. La plupart n’étant même pas sincère. D’autres posèrent des questions à un adolescent qui n’avait aucune réponse et c’étaient probablement les plus honnête du lot. Pour sa part, Fabius se composa un visage grave et invita tous ses invités à se retirer.

***

Les vingt-quatre heures de veillée funèbre venaient de s’achever. Vêtu intégralement noir, comme il convenait, le Borgne traversait les couloirs d’un Palais extrêmement calme. Là encore, comme il convenait. Le Royaume serait en deuil pour les six prochains mois, mais le couronnement, lui, aurait lieu dans quinze jours seulement. Car l’Empire était en guerre. Son cousin était devant lui dans l’ordre de succession. Le dernier obstacle avant le pouvoir.

Un obstacle qu’il ne pouvait contourner. Il devrait donc le détruire.

Non pas que cela l’ennuie ou l’inquiète. Il avait la volonté et le pouvoir de mettre fin d’avance au règne désastreux de Korentin. Grâce à Dévoreuse, même sa dragonne ne serait pas un problème. Pour être franc, il jubilait. Plus que la prise de pouvoir, l’idée de mettre enfin ce crétin au pas avait quelque chose de merveilleusement euphorique.

Les gardes le laissèrent passer et il pénétra dans le bureau du Duc en refermant la porte derrière lui. Il vérifia qu’ils étaient seuls (enfin, sans compter le dragon), apprécia quelques secondes tout ce qui allait se produire dans cette pièce, puis se lança.


Cousin. Je vais être direct. J’aimerai que tu me laisses le trône. On sait tous les deux que tu n’en veux pas.

Par mesure de précaution, il demanda à Dévoreuse de neutraliser le monstre à écailles…
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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Un Nouvel Ordre (Korentin ; Ashy) TERMINE Mar 26 Nov 2013 - 18:55

Assommé, désorienté, désespéré, et roi. Il était tout cela à la fois depuis cet instant tragique où un serviteur éploré s'était précipité vers lui pour lui annoncer la sinistre nouvelle. Le monde s'écroulant subitement ne l'aurait pas plus secoué que cette simple constatation. Mort... Gregorist était mort. Le cousin adulé avec qui il avait grandit et qui avait été le complice ou plus souvent le frein de sureté de ses pires facéties ne serait plus jamais là pour lui sauver la mise ou tout simplement pour lui sourire. Avec ce décès il perdait à la fois un proche qu'il aimait et un souverain qu'il respectait autant qu'il le rassurait. Gregorist était né et avait été élevé pour être roi, à aucun moment Korentin n'avait douté que sitôt remis sur pied il les aurait tous tirés d'affaire et aurait trouvé le plan génial permettant de mettre en déroute les Alayiens. Que lui restait-il à présent si ce n'était l'affliction et la doute quand à ses propres capacités de gouverner un empire dont il ne voulait pas ?

Ashy... Il lui restait Ashy. Ses enfants et sa femme aussi mais eux étaient loin et séparés de lui par toute une armée ennemie aussi la présence de sa dragonne était-elle des plus précieuses à ses yeux dans ces moments difficiles. Les responsabilités déjà lourdes qui pesaient sur lui s'étaient singulièrement alourdie depuis le drame et il avait dû faire face malgré la douleur terrible de la perte que lui et tout le royaume venait de subir. Grâce à la force de plus en plus puissante du lien qu'ils partageaient Ashy était la seule personne au monde à pouvoir vraiment comprendre sa peine et la partager. Gregorist avait été comme un frère pour lui, malgré la distance respectueuse que la couronne avait dû mettre entre eux il l'avait aimé sans concessions. Dans ces conditions l'affection sans limite de sa liée restait son plus solide soutien et il lui était plus que reconnaissant de cet appui précieux.

Pour tout dire en ce moment il devait bien avouer qu'il ne supportait plus grand monde à part elle. Il n'en pouvait plus de ces courtisans qui bourdonnaient autour de lui comme une nuée de mouches enragées. Il aurait pourtant dû en avoir l'habitude, il était né à la cour non ? Mais le fait de voir que la mort de Gregorist les avaient poussés à se précipiter ainsi sur lui dans l'espoir de s'attirer ses faveurs le rendait malade et pour une fois le caractère direct de sa dragonne lui avait vraiment rendu service. Un seul grondement désapprobateur de sa part suffisait en général à le débarrasser des courtisans les plus têtus, si il s'était écouté il l'aurait sans doute prié d'interdire l'accès à ses appartements à tous et à toutes afin qu'il puisse enfin pleurer son cousin tranquille mais ses responsabilités le lui interdisaient. Il se devait de se montrer digne de Gregorist même si il était certain de ne pas avoir l'étoffe de ce grand homme et cela commençait par se rendre disponible pour ceux qui avaient besoin de lui pour des raisons légitimes. Il se reposerait plus tard, ou plutôt jamais vu ce qu'il avait pu voir de la charge d'empereur pendant tout le temps où Gregorist avait régné à la suite de son père. Dracos... Comment sa vie avait-elle pu basculer à ce point en si peu de temps ? Il en aurait hurlé autant de douleur que de frustration.

Mais ce n'était absolument pas le moment. Le nez plongé dans un registre de comptes il grimaçait devant les colossales dépenses qu'avaient engendré la guerre contre les vampires, puis et surtout celle contre les Alayiens. Oh certes l'Empire était encore riche, richissime même mais Gloria était bien isolée et tout l'or du monde ne lui permettrait sans doute pas de nourrir son peuple éternellement si le ravitaillement ne pouvait pénétrer la cité. Il y avait bien les souterrains mais faire parvenir assez de nourriture pour toute une ville affamée par ce seul biais était un casse tête de logistique, d'autant plus qu'il ne fallait pas se faire remarquer par les assiégeants ou ce dernier avantage qu'ils possédaient encore s'envolerait. Tout en repoussant difficilement l'atroce migraine qui lui martelait les tempes, il effleura l'esprit de la dragonne qui l'observait :

*Je ne sais pas comment nous allons nous en sortir Ashy, sans Gregorist je crains que l'empire ne sombre...*

Une immense vague de découragement s'empara de lui, jamais il ne s'était sentit aussi morose qu'en ce moment et l'absence d'Esmelda n'était pas pour arranger les choses. Il aurait aimé pouvoir au moins s'appuyer sur elle et sur sa bonne humeur, et sur Faudar aussi dont la sagesse lui aurait été bien utile. Un messager était déjà en route pour les prévenir mais en attendant il était le seul Kohan à mener la barque, enfin non il y avait Fabius aussi mais on ne pouvait pas dire que son cousin lui était d'une très grande utilité ces derniers temps à part pour accentuer son irritation. Et tiens, quand il parlait du renard...

Plus las que vraiment surprit ou agacé par cette visite, il leva un regard fatigué vers le borgne et il sembla qu'une éternité entière se déroula avant que les mots qui se formèrent sur les lèvres du nouvel arrivant n'atteignent son cerveau. Ce qui ne l'avança pas pour autant d'ailleurs puisque le sens de ses paroles lui demeura parfaitement incompréhensible, sourcils froncés, il interrogea :

"Tu as perdu la tête ? "

La réponse ne se fit pas attendre mais ce n'était justement pas celle qu'il attendait... Une chance que les accoudoirs de sa chaise soient aussi hauts et confortables car dans le cas contraire il en aurait sans doute dégringolé en sentant l'agression terrible qu'Ashy dû soudain subir. Qu'est-ce que c'était que ça ? Pourquoi ne ressentait-il quasiment plus sa dragonne ? Pourquoi ne parvenait-il plus à communiquer avec elle et surtout qu'est-ce que Fabius était en train de lui faire ? A travers le peu de lien qu'il lui restait il sentait l'énergie de la créature ancestrale qui filait à toute allure, l'affaiblissant jusqu'à la rendre incapable de bouger et lui faisant sans doute souffrir le martyr. Par les Esprits ! Il ne comprenait pas ce que Fabius faisait et surtout pourquoi il le faisait mais il allait le regretter amèrement ! La chaise tomba dans un grand fracas tandis qu'il tirait l'épée :

"Arrête ça immédiatement !" ordonna-t-il avec fureur

Dans sa tête, les rouages se mettaient en place mais il peinait à accepter ce qu'il commençait à deviner. Fabius était ce qu'il était et il n'ignorait pas que celui-ci ne lui avait jamais pardonné la perte de son oeil mais il restait un membre de sa famille, dans leurs veines courrait le même sang. Il était lui-même bien trop attaché à ce lien héréditaire pour croire une seule seconde qu'un Kohan puisse trahir sa propre famille. C'était tout simplement trop moche pour être vrai. Une lueur douloureuse s'alluma dans ses prunelles tandis qu'il baissait les yeux vers la bague visible au doigt de son cousin. Cela non plus cela ne se pouvait... Il faisait un cauchemar, il allait très certainement se réveiller d'un instant à l'autre. En attendant il ne trouva rien de plus réconfortant que de serrer fermement la garde d'Ondine en grondant :

"Comment peux-tu faire une chose pareille alors même que tu portes le deuil de Gregorist ? Et où as-tu trouvé cette abomination ? Relâche ma dragonne avant que je ne fasse voler ta tête de tes épaules !"

Joignant le geste à la parole, il s'avança d'un pas menaçant...
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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Un Nouvel Ordre (Korentin ; Ashy) TERMINE Mer 4 Déc 2013 - 20:27

Du calme. Du calme. Du calme. Il fallait à tout prix qu’il garde son sang froid. Qu’il reste délibérément neutre, froid et incisif. Par l’Empire que c’était difficile ! Entre cette fichu dragonne qui se traînait à même le sol en train de gémir pathétiquement et l’autre imbécile qui pensait encore, naïvement, avoir un quelconque contrôle sur la situation… il avait une furieuse et implacable envie d’éclater de rire. Une rire de joie pure, pour la première fois depuis bien longtemps. Oui, il avait envie de cabrioler dans toute la pièce, de sortir et de se mettre à courir dans les couloir du Palais pour clamer son bonheur au monde entier…

Mais ce n’était pas le moment. Il revendiquait le titre d’Empereur, pas seulement le chef suprême de l’humanité, mais surtout son symbole, sa clef de voûte. Il ne pouvait pas se laisser aller à ses sentiments et ses pulsions les plus primaires. Tant pis, il fallait se contrôler. Et apprécier en silence. Dommage, dommage. Mais c’était là un faible prix à payer devant l’accomplissement de son ambition finale.

Perdre la tête ? Peut-être. Il n’avait jamais vu les choses de cette façon, mais peut-être était-ce vrai. Après tout, qui d’autre faisait toujours le nécessaire quoiqu’il en coûte à la morale et à l’éthique ? Qui d’autre expérimentait jusqu’aux limites même de la magie ? Qui d’autre était prêt à sacrifier des décennies d’entraînement sur l’autel de l’ambition ? Qui d’autre détruisait sans remord sa propre famille au nom de son égoïsme ? Peut-être était-il fou, en effet.


"Ou peut-être que tu es le seul être sain d’esprit et que c’est le reste du monde qui a perdu la raison…"

La pensée, à peine murmurée qu’il doutait déjà l’avoir entendu, émanait de lui. Ou pas. Il ne savait pas très bien. Faisait-il encore la différence ? Et au fond, quelle importance ? Il était Fabius Kohan. C’était tout ce qui importait.

La chaise tomba, le ramenant à la réalité tandis que son cousin dégainait son épée. Pauvre simplet. Il n’avait toujours pas compris. Pourtant il le connaissait, il devait bien savoir que le Borgne ne serait jamais venu faire une demande aussi insensée s’il n’était pas certain de son coup. Visiblement, la souffrance de sa liée entamait toutes ses capacités de réflexion…


"Et dire que c’est lui qui devait régner. Ils cracheront dans mon dos et me nommeront l’Usurpateur… Mais si ces idiots se doutaient une seule seconde de ce que je leur épargne aujourd’hui. Ignorants, stupides et ingrats. Il faut que je règne, ou tout s’écroulera. L’Histoire m’en sera témoin."

En était-il intimement convaincu ? Oui. Et ce depuis bien avant qu’il ne récupère la chevalière. Sa conviction profonde était née dans la douleur et l’exil.

N’écoutant même pas les propos de Korentin, il se contenta de rétorquer d’une voix calme, aussi impassible que s’il faisait ses courses. Sauf qu’il n’avait jamais fait ses courses lui-même de toute sa vie.


Lâche ça et rassit toi. Je ne suis pas venu discuter, ni même me battre. Comprends-moi bien, la partie est déjà gagnée. Avec cet artefact, la vie de ta liée est littéralement entre mes mains. Je peux la lui ôter en une fraction de seconde, avant même que tu n’aie vraiment pris la décision de me nuire.

"Monte un cran dans la souffrance."

Dévoreuse s’exécuta. Non parce qu’elle lui obéissait -il n’était pas naïf à ce point- mais parce qu’elle avait été conçue pour ça. Pour se nourrir de la magie, et les dragons étaient magie. Les deux cousins virent la créature écaillée se tordre de douleur. Le Duc la sentit probablement.

Il faut que tu acceptes ta défaite. Difficile je sais, lorsque l’on ne sait pas que la bataille a déjà été livrée. Mais tu as toujours été à l’ouest, cousin.

Fabius prit nonchalamment place sur un fauteuil. Il avait envie de lui rire à la figure, voir même de sourire avec ironie, mais il ne le fit pas. Ce n’était pas le moment. Tout n’était pas joué. Tout n’était pas encore gagné.

Je vais devenir Empereur. Cela est décidé. La seule question qu’il reste à trancher, c’est que faire de toi. Que faire de ta famille. Que faire de tes fidèles. Que faire de ton Duché.

Si je dois te tuer, je le ferais. Mais je préfèrerai éviter. Non pas parce que je t’aime. Même toi tu ne croirais pas une idiotie pareille. Mais parce qu’après le décès de Grégorist ce serait suspect. Et mon accession au pouvoir doit être dénué de tout soupçon.

Maintenant choisis, cousin. Tu peux sauver ta famille et ton Duché. Ou toi-même et tous les hommes et femmes qui ont choisit de croire en toi et te suivre.

Choisis, cousin.
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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Un Nouvel Ordre (Korentin ; Ashy) TERMINE Jeu 5 Déc 2013 - 22:13

La douleur... Elle irradiait en lui avec une intensité presque insoutenable, et le pire dans tout cela c'était qu'il savait pertinement qu'elle ne venait pas de son propre corps mais bien de celui d'Ashy. Leur lien était presque entièrement rompu et malgré tout il peinait à supporter la torture que Dévoreuse infligeait à la verte. Il n'osait seulement imaginer ce qu'elle devait ressentir, son énergie vitale filait à toute allure, arrachée sans précautions de son être profond et cet acte terrible lui faisait l'effet d'un blasphème, comment pouvait-on oser s'en prendre de cette façon à une créature ancestrale ? Un accès de nausée l'étreignit lorsqu'il croisa le regard d'Ashy, il fallait que cela s'arrête. N'importe comment mais cela devait cesser, elle ne survivrait pas très longtemps à un tel traitement et la simple idée de la perdre l'emplissait d'une frayeur sans nom. Il n'avait pas voulu être dragonnier, l'éclosion de l'oeuf sous ses mains l'avaient même perturbé au plus haut point mais à présent il ne pouvait pas plus se séparer d'elle que se couper volontairement un bras. Elle était une partie de lui. Que faire ?

La réponse lui vint presque au moment même où il se posait cette question et il se plia en deux, le souffle coupé par la nouvelle vague de souffrance pure qui venait de déferler à travers leurs liens. Un grondement rauque, essoufflé et presque agonisant s'échappa du poitrail de sa liée et il su qu'il avait perdu. Il ne pouvait tout bonnement pas combattre un être qui tenait la vie d'Ashy entre ses mains, et l'autre l'avait d'ailleurs parfaitement compris. Noyées autant de souffrance que de rage, ses prunelles accrochèrent l'unique oeil de celui qui était désormais son plus intime et féroce ennemi. Dracos... Comment une chose pareille avait-elle pu arriver ? A quel moment Fabius avait-il dérapé à ce point et pourquoi ne l'avait-il pas vu ? Un doute affreux s'empara de lui lorsqu'il se demanda si par hasard tout ceci n'avait pas déjà été écrit depuis bien longtemps, plutôt que d'avoir dérappé son cousin n'était-il tout simplement pas né comme ça ? Vipère lovée au coeur même du royaume et n'attendant que le bon moment pour mordre ? Il avait envie de vomir...

"Il faut que tu acceptes ta défaite. Difficile je sais, lorsque l’on ne sait pas que la bataille a déjà été livrée. Mais tu as toujours été à l’ouest, cousin."

Il ferma à demi les paupières devant la véracité de cette affirmation, difficile de dire le contraire dans l'état actuel des choses... Un dernier regard vers Ashy le décida et lentement, très lentement, il abaissa sa lame. Ondine tinta doucement lorsqu'il la posa sur le bureau, sa lame nue scintillant de la lueur bleutée qui était le symbole de sa maison. La maison de l'eau servait l'empereur légitime depuis bien des générations, et s'était même apprêtée à régner avec la mort de Gregorist et bien contre son propre gré. Devait-elle à présent s'incliner devant un usurpateur ? Il ne voulait pas y croire mais l'idée géniale qui aurait pu lui permettre de se tirer de ce très mauvais pas ne lui venait pas à l'esprit. A nouveau il posa un regard sombre sur la chevalière, sachant qu'il n'aurait absolument pas le temps de l'arracher du doigt de son cousin avant qu'il n'accomplisse l'irréparable. Il n'y avait pas de porte de sortie ici...

A nouveau la voix de Fabius résonna dans la pièce et le dragonnier se raidit en s'attendant presque à mourir là tout de suite. A présent que le masque de son cousin était tombé il pouvait s'attendre à tout n'est-ce pas ? Et surtout au pire. Provoquant, il gronda :

"De ma famille ? Et tu es de laquelle toi ? Est-ce qu'on t'aurait confondu avec le rejeton d'une portée de vipères à la naissance ? Dois-je partir à la recherche de mon véritable cousin quelque part dans un nid quelconque ??"

Mais l'autre continuait déjà, semblant réfléchir à voix haute et dérouler avec prudence des plans qu'il avait sans doute établit depuis bien longtemps. Le sang Kohan pouvait donc se pervertir à ce point ? Cette pensée était terrifiante mais il y était confronté bien malgré lui et il devait faire de son mieux pour le bien du royaume et de tout Armanda, c'était ce que Gregorist aurait fait. Mourir aujourd'hui bêtement juste pour le plaisir de résister ne lui donnerait rien, pas plus que de voir mourir Ashy qui représentait l'espoir de tout le continent. Tant qu'ils étaient en vie ils pouvaient continuer de croire et d'espérer, ils devaient donc tout faire pour le rester. Ou presque tout... La peur l'assaillit lorsqu'il songea à ce que ce terrible cousin qu'il découvrait à peine allait bien pouvoir exiger de lui. Ses sujets... Ses soutiens, sa femme et ses enfants... Dracos, pourvu qu'ils sortent indemnes de tout cela... Comme si il lisait dans ses pensées Fabius appuya justement au même instant sur ce point sensible, lui faisant relever la tête tandis qu'il s'appuyait à son bureau, effaré devant tant de fourberie.

"Que veux-tu de moi ?"

Sa voix était circonspecte, prudente et même méfiante. Il était prêt à beaucoup pour tous les intérêts que Fabius venait de citer mais il y avait des limites qu'il ne pourrait pas franchir.

"C'est moi l'héritier légal de la couronne, tant que je suis là tu ne peux régner. Si c'est mon départ que tu veux, je partirai. Mais je ne peux pas laisser ma femme et mes enfants derrière moi..."

L'idée de quitter Aldaria était déjà assez déchirante comme cela, et il ne se faisait pas d'illusion sur le fait que le roi autoproclamé ne voudrait pas savoir que le véritable souverain se promenait dans son royaume. Il devrait s'exiler très loin pour ne pas empiéter sur l'autorité de son cousin, d'ailleurs cela ne suffirait même pas... Deux rois d'un même royaume ne pouvaient vivre en harmonie même si l'un d'eux choisissait l'exil. Il n'avait pas besoin de beaucoup réfléchir pour se douter que Fabius ne voudrait pas de cela, mais dans ce cas que voulait-il sinon sa mort ? Allait-il l'assassiner dès qu'il aurait le dos tourné ? Comment Korentin pouvait-il renverser la donne et reprendre l'avantage dans ce jeu mortel ? Il continuait de chercher en silence, sachant que c'était ce qu'Ashy voulait même si elle ne pouvait le lui dire. Ils ne partageaient peut-être pas leurs pensées à l'heure actuelle mais ils se connaissaient tous les deux assez pour pouvoir s'en passer. Elle serait furieuse de le voir renoncer, surtout si c'était pour la sauver elle... Sauf qu'elle n'était pas la seule dans la balance et que même si c'était le cas son dragonnier ne pouvait faire autrement que de la sauver... Le problème était insoluble...
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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Un Nouvel Ordre (Korentin ; Ashy) TERMINE Ven 6 Déc 2013 - 20:46

La provocation de Korentin fit rire le Borgne. Non pas jaune, comme ç’aurait été le cas en d’autres circonstances, mais bien un véritable rire. Parce qu’il savait que le Duc savait, parce qu’ils savaient tous les deux que ce n’était là qu’une ultime bravade avant la capitulation totale et immédiate. Il salua d’un hochement de tête ironique l’estocade de son cousin, lui laissant volontiers cette petite victoire pour l’honneur.

Dorénavant ce serait Korentin qui se contenterait des restes. Et il appréciait cet état de fait à un tel point qu’il en avait oublié ses bonnes résolutions : à savoir, garder son calme et régler cette affaire avec sang froid.


Ce que je veux ? Je te l’ai dis sinistre idiot. Je veux que tu choisisses. Mais c’est trop tard. Une fois encore tu loupes le coche et tu laisses les autres décider à ta place. Et tu voulais diriger ce royaume ? Ne me fais pas rire !

Les derniers mots avaient été crachés avec mépris et dégoût. Il reprit néanmoins le contrôle, ce n’était pas le moment pour faire parler les sentiments. Il le savait bien, mais en l’occurrence, il avait beaucoup de mal à ne pas écraser ce cafard de toute sa haine.

Tu feras ce que je te dis. Sans discuter. Ou les êtres qui te sont chers en subiront les conséquences.

Il se releva avec énergie. Soudain, il n’avait plus aucune envie de profiter de la situation. Il voulait en finir le plus vite possible, comme d’une corvée particulièrement ingrate. Il demanda à la chevalière de relâcher son emprise sur la dragonne, qui s’exécuta bon gré mal gré, avec une évidente bougonnerie, puis se tourna vers Korentin.

Rengaine ton épée et attends, ce ne sera plus très long. Quand ils seront là, n’oppose aucune résistance. Tu confesseras absolument tout tes crimes et en échange je m’assurerai que ta lignée conserve son Duché. Ma belle-sœur, ma nièce et mon neveu seront bien traités.

"D’autant plus que deux sur trois sont à moi et non à toi. Mais il vaut mieux garder ses atouts en manche, même au bord de la victoire. Dommage, j’aurai aimé voir ta tête."


Reportant son attention sur Ashy, il ajouta avec toute la condescendance que l’on peut avoir pour un être ayant choisit de se lier avec un demeuré.

Dévoreuse est une entité à part entière. Si elle ressent quoique ce soit venant de toi, une pensée, un geste déplacé voir même une intention un peu hostile : elle te tuera. Sans même me demander mon avis. Tiens-le toi pour dit.

Les choses étant claires, il ajouta d’une voix dure, dénuée de la moindre trace de pitié.

Beaucoup de gens sont morts aujourd’hui. Des nobles, des officiers, des soldats, des domestiques. Ils s’étaient réunis dans une salle pour discuter de la mort de Grégorist. Du fait que le Maître-Mage aurait pu le sauver, si tu ne l’avais pas envoyé au loin. Pas vraiment des traîtres en puissance, juste une poignée de pauvres bougres inquiets. Ce n’était pas beau à voir… La pièce rouge qu’ils l’ont renommés.

Quelques uns ont survécu et tous t’ont désignés comme responsable. Apparemment tu serais devenu comme fou devant ces allégations. Et tu les aurais massacré de ton épée. Oui, celle-ci.
(Il la désigna du doigt) Ça m’a pris quelques années pour en faire des copies, médiocres certes, mais de même facture. Une bonne idée finalement.

En fait, ils avaient été empoisonnés, de manière à perdre le contrôle de leur corps. Fabius les avait ensuite tué munit de la fausse épée. Hors de question de déléguer le travail alors que les enjeux étaient aussi importants. La mise en scène avait été importante, de manière à ce que personne ne se pose les bonnes questions : comme pourquoi n'avaient-ils entendu aucun bruit. Et surtout pour que personne ne se doute d'un carnage à l'épée et non d'un empoisonnement. Bien sûr, il restait le problème des "survivants". Pour l'instant, ils lui seraient fidèles, mais les hommes étaient par nature inconstants et il devrait s'en débarrasser dès que possible. Rien ne devait être laissé au hasard.

Tu connais les gens cousin. Tu connais la rumeur. La mort de Grégorist a beau n’être due qu’à une blessure alayienne, tous te considère déjà comme responsable. Cette folie t’a fait perdre le peuple, les militaires et la noblesse. Mais il te restait encore les lames noires et ton dragon. C’est là que j’interviens. Officiellement je suis venu te raisonner. Ils seront là dans quelques minutes, mais tu restes le futur empereur. Ils ne t’arrêteront que si tu te confesses. Ce que tu feras, évidemment.

Ironique, n’est-ce pas ? D’ici peu tu seras le Roi Fou, le Duc Dérangé, le Régicide, peu importe le nom qu’ils te donnent. Tandis que je deviendrai Fabius le Sage. Fabius le Pacificateur.


Sur ces paroles la porte s’ouvrit. Des gardes entrèrent, suivit de près par les lames noires. Le pauvre capitaine de la garde n’avait visiblement aucune envie d’être là. Aucune envie de contrarier un empereur, un dragon et l’ordre le plus terrible de l’Empire. Il n’en menait pas large et c’est un regard presque suppliant qu’il posa sur le Duc.

Messeigneurs. Le temps est écoulé. Êtes-vous parvenu à un… hum… euh… accord ?

Posant un rapide coup d’œil au dragon, il déglutit avec difficulté.


Dernière édition par Fabius Kohan le Sam 4 Jan 2014 - 12:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Un Nouvel Ordre (Korentin ; Ashy) TERMINE Dim 8 Déc 2013 - 23:19

Le rire du borgne le blessa plus encore que ses insultes ou que le mépris total que Fabius démontrait pour lui. Comment pouvait-il le haïr à ce point ? Effaré, le dragonnier ne pouvait que contempler cette scène iréelle en se demandant à quel moment sa vie avait bien pu déraper à ce point sans qu'il s'en aperçoive. D'abord la mort de Gregorist, ensuite ça ? Où les choses allaient-elles s'arrêter ? Au fin fond du gouffre très certainement, ou du moins c'était bien parti pour à voir la lueur cynique d'intense satisfaction qui brillait dans la seule prunelle de Fabius. Machoire serrée, il se fit violence pour ne surtout pas répliquer à ce qu'on lui imposait, la menace qui accompagnait l'ordre était bien réelle et il ne laisserait pas son égo mettre en danger sa femme, ses enfants, et encore moins l'empire. Ni Ashy d'ailleurs. Surtout pas Ashy... Il sentit comme une déferlante la vague énorme de soulagement qui émana d'elle lorsque le pouvoir de Dévoreuse de relâcha en partie. Dracos... Quelle horreur que cette chose...

Incapable d'imaginer un nouvel assaut de la douleur sur sa liée, il récupèra Ondine d'un geste las et sans vraiment comprendre pourquoi son cousin ne voulait pas la voir sur la table mais plutôt directement au fourreau. Quelle importance de toutes façons ? Il lui serait bien difficile de l'utiliser dans ces conditions et quelque soit l'endroit où elle se trouvait. Elle retrouva donc sa place à sa hanche dans un crissement léger et presque mélodieux à ses oreilles. Ah la plonger dans le corps palpitant et dégorgeant de son propre sang... C'était la première fois de sa vie qu'il avait une telle envie de meurtre et à plus forte raison la première fois qu'il voulait tuer un membre de sa famille. La haine pulsait dans ses veines au même rythme que son coeur et il ne portait plus sur Fabius qu'un regard chargé de mépris et de cette aversion dégoutée que l'on éprouve que devant le plus immonde des reptiles. La flamme de haine se chargea néamoins d'une pointe de curiosité plus ou moins horrifiée lorsque Fabius évoqua les gens qui allaient "arriver". Ses crimes ? Que lui réservait-il exactement ?

De plus en plus mal à l'aise, il garda un silence prudent en entendant les menaces faites à la verte, priant au fond de lui pour que la dragonne se tienne tranquille et ne tentent surtout rien de trop dangereux. Leur situation était déjà assez critique, il ne voulait pas la perdre. Il ne le supporterait pas à Fabius l'avait parfaitement compris, pourquoi l'amour pouvait-il devenir une telle faiblesse face à des adversaires aussi peu scrupuleux ? Cette idée le mettait en rage, comme si il avait besoin de cela ! Il avait déjà bien du mal à calmer le tremblement qui agitait ses mains. Et qui n'allait pas s'arranger face aux révélations qu'on était en train de lui faire ! Au supplice, il ne pu réprimer les derniers sursauts de son caractère optimiste qui ne voulait tout simplement pas croire une chose pareille :

"Tu... Tu as tué tout ces gens ?"

Même la nouvelle que Fabius entendait tout simplement le faire passer comme responsable de toutes ces horreurs ne pouvait l'atteindre plus. Il n'arrivait pas à croire que le borgne ai pu tuer ou faire tuer des innocents sans le moindre remord. Et le roi.. .Son propre cousin... Car comment ne pas le croire désormais ? Nul autre que lui n'aurait pu accomplir une telle atrocité. Il baissa un instant le regard vers son épée, trop concentré sur l'horreur des meurtres qu'il venait d'apprendre pour s'intéresser aux conséquences que cela allait avoir pour lui et aux aveux qu'il allait devoir faire. Plus rien n'avait d'importance à l'heure actuelle si ce n'était son désespoir et la haine farouche qu'il ressentait à travers ses bribes de lien avec Ashy. Elle tentait de lui faire passer ses sentiments et son soutien, ce fit ce qui lui permit de ne pas devenir complétement fou à cet instant et à ne pas sauter à la gorge de Fabius. Ashy, ne penser qu'à Ashy... A Valentine, à ses enfants et à l'empire. Si il devait courber l'échine à cet instant pour sauver tout ceci et garder un espoir de faire payer ses crimes à Fabius alors il devait le faire. Le bien du royaume passait avant tout, Gregorist le lui avait bien apprit.

"Je n'oublierai rien de tout ceci, monstre. Fais toi appeler comme tu veux, un jour ou l'autre je viendrai te rappeler qui tu es et pourquoi tu dois payer."

Son serment résonna étrangement dans la pièce tandis que leurs regards se heurtaient. Ce n'était sans doute pas cela qui ferait trembler le borgne, il était gagnant sur toute la ligne à cet instant, surtout maintenant que la porte s'ouvrait sur une cohorte de gardes gênés. Mais Korentin ne doutait pas que le vent finirait par tournerl il le fallait, c'était la seule chose à laquelle il pouvait se raccrocher pour ne pas sombrer...

Messeigneurs. Le temps est écoulé. Êtes-vous parvenu à un… hum… euh… accord ?

Un long silence salua sa question, le troublant plus encore et il se décomposa mordicus en croisant le visage blême et buté de Korentin ainsi que la noirceur de la fumée qui s'échappait des naseaux de la dragonne. Enfin et avec toute la paisible autorité de l'empereur qu'il n'avait pas voulu être et qu'il devenait pourtant paradoxalement à cet instant, il assena :

"Nous y sommes parvenus. J'ai trop de remords pour échapper à la justice du royaume, je confesse mes crimes. J'ai tué le roi, et ceux qui m'ont percé à jour. Je ne peux vivre avec cela sur la conscience."

Si la capitaine, trop occupé à béer devant le regard résolu du dragonnier, ne réagit pas, les lames noires par contre n'hésitèrent pas une seule seconde. Deux d'entre eux l'encadrèrent en quelques secondes tandis que le troisième tendait la main vers lui, la seconde posée sur la garde de son épée :

"Votre épée je vous prie, sire."

Il expira un souffle brûlant en maîtrisant à grande peine sa fureur au moment de déposer Ondine entre les mains de l'homme. Enfin ses prunelles sombres se posèrent sur Fabius avant qu'on ne l'entraîne vers l'extérieur, suivit d'une Ashy fulminante. Et sa voix sonna comme un avertissement :

"Merci pour tout cousin. Je n'oublierai pas, je t'en donne ma parole..."


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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Un Nouvel Ordre (Korentin ; Ashy) TERMINE Ven 13 Déc 2013 - 22:11

C’était fait. Bien sûr, il ne fallait pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, mais l’échiquier lui était tellement favorable que le Borgne ne pouvait s’empêcher d’en saliver d’avance. Accablé par les charges qui pesaient sur sa personne et surtout par sa propre confession, Korentin avait perdu tout ses droits à prétendre au trône. Son fils était beaucoup trop jeune, ce qui faisait de Fabius l’héritier de l’Empire. Esmelda n’ayant pas voix au chapitre, étant donné qu’elle n’était rien d’autre qu’une femme.

Ce n’était pas de sa faute, mais ça n’empêchait pas le mage d’imaginer la tête qu’elle ferait en apprenant toutes ces merveilleuses nouvelles. Nul doute qu’elle chercherait à lui poser des problèmes. A vrai dire, il n’attendait que cela. Maintenant que son ennemi de toujours était vaincu, il n’avait rien contre un nouveau. Surtout s’il était aussi méprisable que cette fichue princesse. Il se doutait bien que son mariage avec un elfe ne la retiendrait pas, elle avait trop sale caractère pour cela, et il attendait avec impatience son prochain mouvement.

Quelques jours s’étaient écoulés depuis les fameux évènements. La mise en application de son plan grandiose et tout bonnement génialissime. Dorénavant c’était lui que les lames noire suivaient partout et c’était bien normal. Son cousin était un désastre ambulant et n’aurait jamais pu assumer cette lourde charge. Mégalomane par nature, Fabius, lui, assurait cette fonction avec un plaisir évident. Donnant volontiers sa bénédiction à tous les manants lui demandant grâce.

Certes, il ne fallait pas oublier l’aspect plus politique et surtout plus réaliste des choses. Gloria restait une cité assiégée, la proie d’une prédateur pour l’heure plus gros qu’elle. Il allait devoir jouer finement pour assurer l’avenir de l’Empire. Mais il y était fermement résolu. Après tout, l’Empire maintenant : c’était lui. Et il avait bien l’intention de survivre. Quoiqu’il en coûte.

Pour l’instant, il ne pouvait pas faire grand-chose. Le couronnement n’avait pas eu lieu, quoique cela se ferait sous peu, et il n’avait que le pouvoir des apparences. Il en profitait néanmoins, organisant réunions sur réunions pour rassurer le peuple et au passage, lui offrir son or. Comme le disait si bien son père : « un bon ami est un ami qui a les poches pleines, ainsi il n’ira pas les remplir ailleurs. »

A ses obligations s’ajoutait les nouveaux divertissements dû à un empereur. Il avait culbuté plus de femmes en trois jours que durant les trois derniers mois. La nuit dernière il avait même convoqué les domestiques de Korentin. Lui qui avait toujours rêvé de lui prendre ses jouets en avait eu pour ses frais. Visiblement il n’avait jamais cherché de relations extraconjugales. Ce qui aurait été tout à son honneur si Valentine en avait fait autant. Pauvre gars, Fabius aurait presque eu pitié de lui.

Devait-il le lui dire ? Il se posait la question. Néanmoins sa prudence naturelle contrebalançait l’euphorie dans laquelle il baignait. Garder quelques atouts dans sa manche, même après la victoire. Voilà une stratégie qui ne lui avait jamais fait défaut, et qui relevait finalement du simple bon sens. Quant à Valentine, il devrait discuter avec elle de la suite des opérations. Il savait pertinemment qu’elle se rêvait impératrice. Et aucune femme ne lui arrivait à la cheville en terme d’intrigues politiciennes.

Dire qu’un certain Duc ne s’en était même pas rendu compte…

Descendant les marches qui menait aux cachots, le Borgne cachait difficilement un sourire victorieux. Il lutta quelques instants contre son visage, puis décida finalement de laisser faire. Il était bien venu pour railler son cousin après tout. Autant entamer les hostilités dès le début.

Presque arrivé devant la dite cellule, il ordonna aux gardes et aux lames noires de s’éloigner un peu, ils n'avaient pas à entendre ce qui serait dit. Il prit un tabouret puis s’assit juste en face de la grille. Pour le voir et surtout pour qu’il puisse le voir lui. Vêtu tel un Empereur, prêt à prendre ses responsabilités.


Alors, cousin, bien dormi ? J’espère que tu es à l’aise ici, je leur ai demandé la meilleure suite qui soit.

Le pire c’est que c’était vrai. Cette cellule était la plus propre du cachot. Non pas qu’il ait eu envie de faire plaisir à Korentin, mais le contraire aurait été louche. Cependant, cela restait une cellule. Vide. Sale. Malodorante. Mais avec une paillasse digne de ce nom, sans rats et des repas réguliers. Quant à Ashy, elle était dans la cellule avoisinante. En revanche, il ne lui avait pas fait de cadeau à elle. Les dragons étaient beaucoup trop dangereux et celle-ci bien qu’encore jeune, était couverte de chaînes bien ancrés dans la pierre. On lui avait même muselée la gueule.

Une réclamation à faire, peut-être ? Des féculents plutôt que des légumes ? Je peux toujours m’arranger avec le cuisiner… Après tout…. Je.Suis.L'Empereur.
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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Un Nouvel Ordre (Korentin ; Ashy) TERMINE Lun 16 Déc 2013 - 19:41

Les heures succédaient aux heures et il craignait de perdre bientôt le compte des jours passés dans ce trou à rat. Difficile en effet de les compter sans avoir accès à la lumière du soleil. Faisait-il jour ou nuit ? Il avait tenté au début d'utiliser les rondes des gardes pour s'y retrouver mais avait vite compris qu'aussi régulières qu'elle soit il ne pourrait pas faire autrement que d'en rater ne serais-ce que pendant ses heures de sommeil. Et elles étaient nombreuses... Qu'aurait-il pu faire d'autre que dormir ? Au moins pendant ce temps là il ne réfléchissait pas trop et la tentation de fomenter de terribles plans de vengeances envers son cousin ne le tenaillait pas. C'est qu'il allait devenir fou à force de ne faire que cela... Non, mieux valait dormir. Dormir et attendre son heure, voilà. Il y avait bien assez d'Ashy pour écarteler, égorger, éventrer, éviscérer le comte du Landain en pensée. Nul besoin d'en rajouter, il s'économisait pour le jour où il l'aurait vraiment sous sa botte.

La dragonne d'émeraude de son côté ne décolérait pas et tout heureux qu'il soit de ne pas être seul dans cette épreuve Korentin frissonnait parfois devant le tourbillon de rage froide qui dansait dans l'esprit de sa liée. Dommage que Fabius ne puisse pas voir ça... Korentin était à peu près certain qu'aucun homme au monde n'aurait pu supporter d'être l'objet d'une telle fureur sans mourir instantanément de peur. En réalité il n'était pas si mal lotit notre dragonnier... Fabius serait bien plus à plaindre lorsque Ashy lui aurait mis la patte dessus. Elle en enfumait toute la cellule voisine de ses effluves enragées. Korentin n'avait pas besoin de la voir pour le savoir, ni pour ressentir la façon dont les maillons de ses chaines l'irritaient et plus encore celle qui la contraignait à garder la machoire fermée. Loin de Dévoreuse les deux liés n'étaient plus séparés, et rien qu'avec leur deux rancoeurs rassemblées ils auraient pu faire s'écrouler tout l'empire en une terrible et irrésistible explosion. Gare à ceux qui se trouveraient autour d'eux lorsque cette rage éclaterait...

Il rêvait qu'il tombait, et que rien ni personne ne l'aidait à se rattraper. Il voyait sa femme au bord du gouffre et tendait la main pour demander de l'aide mais elle riait en le regardant. Quelque part au fond de son être une dragonne rêvait de sang et de tuerie. Et un peu plus proche de sa conscience un bruit de pas se faisait entendre. C'est vers lui qu'il décida de se concentrer, la scène avec sa femme était trop ridicule pour être vraie et le tourbillon qui tournait dans l'esprit d'Ashy l'effrayait trop. Il porta donc toute son attention vers le bruit du pas et décida qu'il lui déplaisait. Plus encore le bruit d'un trousseau de clés venant taper contre les barreaux de sa cellule l'irrita et le réveilla assez pour qu'il ouvre les yeux, se retrouvant aussitôt nez à nez avec le mur gris contre lequel il s'était endormit. Il lui décerna une effrayante grimace avant de se tourner vers l'origine de son réveil et de grimacer derechef dans un registre plus agressif. Quel dommage qu'il n'ai pas de canines de vampires tiens... Il se serait fait un plaisir de les exhiber sous les yeux de son cousin.. Ashy de son côté ne devait pas s'en priver, autant que lui permettait ses entraves du moins. La mâchoire du dragonnier se serra lorsqu'il constata qu'il avait à nouveau perdu le contact avec sa dragonne, Dévoreuse était donc toujours là... Il laissa son regard sombre détailler la tenue fastueuse du faux souverain, sans chercher aucunement à cacher son mépris et c'est avec un calme glacial qu'il répondit à l'ironie mordante :

"J'ai fais un rêve merveilleux... Mais il te déplairait."

Ses prunelles se rétrécirent lorsqu'il entendit la suite et il chassa la moquerie d'un haussement d'épaule. Il faisait de gros efforts pour réfréner son irritation, vouloir ramener son cousin à la raison était une gageure et il ne l'ignorait pas mais il n'avait pas le droit de ne pas tenter. C'est donc d'une voix prudente qu'il interrogea :

"Tu vas jouer à ce jeu longtemps Fabius ? Tu crois vraiment que cela pourra marcher éternellement et que tu pourras régner impunément sur l'empire ? Tôt ou tard la vérité éclatera, il est encore temps de faire machine arrière.."

Une explosion de joie moqueuse allait sans doute être sa seule récompense à cette main tendue mais au moins il aurait tenté et tant pis pour Ashy qui devait sans doute s'évertuer malgré dévoreuse à lui envoyer des images d'un Fabius en morceaux. Certain que la machine arrière ne serait de toutes façons pas pour tout de suite, pour ne pas dire pour jamais, il continua sur le mode interrogatif :

"Tu comptes me garder ici éternellement ?"

L'idée de passer sa vie en cet endroit n'était évidemment pas pour lui plaire mais fomenter une évasion et s'apercevoir une semaine plus tard qu'on l'avait transféré ne lui donnerait pas grand chose non plus. Une autre question lui brûlait les lèvres et il ne pu s'empêcher de la poser :

"Et Valentine ? Mes enfants ? Que leur as-tu dis ?"

Et par dessus le marché, que devenaient-ils ? Si il avait eu le malheur de leur faire le moindre mal alors aucune cage au monde ne pourrait protéger ce simulacre d'empereur...
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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Un Nouvel Ordre (Korentin ; Ashy) TERMINE Sam 21 Déc 2013 - 21:25

Un rêve merveilleux ? Décidément, cette cellule était beaucoup trop confortable pour son damné de cousin. Il avait perdu, par tous les fichus Esprits ! Il avait absolument toutes les raisons de se rouler en boule pour gémir et pleurnicher, mais certainement aucune de le défier du regard ! Fabius croyait halluciner. C’était toujours pareil avec celui-là. Même lorsqu’il perdait, il s’arrangeait pour changer les règles du jeu… Mauvais joueur jusqu’au bout. Dommage qu’il ne pouvait pas décemment justifier la mort d’une dragonne. Voilà qui aurait remit les pendules à l’heure.

Et il l’interrogeait à présent. C’était vraiment du grand n’importe quoi ! Il n’était plus l’héritier du trône, il n’était même plus Duc, ni même noble. Ce n’était plus qu’un criminel abject, attendant son jugement avec résignation. De quel droit lui parlait-il sur ce ton ? Du grand délire. Visiblement, tout le monde avait reçu le mémo sur le changement de pouvoir, sauf Korentin. Ne pouvait-il pas seulement la boucler et accepter son sort ? Non, évidemment…

En apparence impassible, Fabius se força au calme, et répondit avec un sérieux mortel.


Tu n’as toujours pas compris, hein ? La vérité n’a aucune importance en elle-même. La vie n’est qu’une affaire de perception. Les gens voient ce qu’ils veulent voir, croient ce qu’ils veulent croire, parce qu’ils ne sont pas intéressé par la Justice, la Vérité, le Beau, le Bien et toutes ces conneries qui ne passionnent que ceux qui ont suffisamment dans leur assiette pour perdre leur temps à philosopher ou à parler moralité.

Tout ce qu’ils veulent : c’est la sécurité et la prospérité. Tant que je leur fournirai cela, ils ne demanderont qu’à me croire. Et pour qu’il en soit autrement, il faudra que les choses s’aggravent : des famines, des guerres, des épidémies. Le chaos amène le changement. La paix est bâtie sur l’ordre.


Le Borgne ne disait pas cela par hasard. Il avait appris à connaître les gens du peuple. Pas parce que cela lui faisait plaisir de traîner avec des pouilleux et des manants… Mais parce que c’était quelque chose de nécessaire. On manipulait bien mieux quelqu’un lorsque l’on savait comment il fonctionnait. De plus son exil qui n’en était pas un lui avait laissé tout le temps d’y réfléchir.

Je ne doute pas que ta liée serait prête à mettre l’Empire à feu et à sang pour satisfaire sa soif de vengeance… Mais toi, cousin ? Serais-tu prêt à faire passer tes misérables désirs avant l’intérêt général ? A moins que tu ne te crois tellement supérieur au reste des mortels que ton accession au pouvoir mérite une guerre civile ? Qu’il serait dans l’intérêt de tous que Korentin Kohan, devienne le nouvel Empereur, quitte à faire tuer des dizaines de milliers d’humains ? Tant d’arrogance, voilà qui ne m’étonnerait pas de toi.

Fabius n’était pas énervé à proprement parler et sa voix demeurait douce, quoique toujours teinté d’un certain sarcasme. Néanmoins les propos suivant prirent un accent beaucoup plus dur.

Je suis arrivé là où j’en suis qu’avec beaucoup de difficulté. Et je ne lâcherai pour rien au monde ce que j’ai obtenu. Il n’y aura pas de miracle, Korentin. Je ne me mettrai pas à genoux devant toi pour implorer le pardon. Aucun tribunal ne viendra juger l’Empereur des hommes. Le seul moyen de me faire plier sera celui du fer et du sang. Et tu devras marcher sur un sacré paquet de cadavres avant de me faire abdiquer. Alors à toi de voir si ça en vaut la peine, si ton couronnement est à ce point important pour toi.

La question suivante le fit rire. Pas vraiment un rire gai et chaleureux, mais plutôt méprisant, presque malveillant.

Ce qu’il y a de bien avec les prisonniers, ce qu’ils vont là où on leur dit sans jamais poser de question. Pourquoi le feraient-ils ? Ils n’ont quand même pas envie d’hâter leur exécution…

Quant à ta famille, elle n’a rien, comme promis. Je nommerai Valentine régente de ton duché en attendant que ton fils grandisse. Pour l’heure, ils vivront tous ici. Tu ne voudrais pas que je perde de vue ma charmante famille, n’est-ce pas ?


Menace pas très subtile, mais son cousin avant besoin qu’on lui remette les points sur les « i ».

Du reste, ils savent tout. Tout le monde connait l’histoire, il aurait été impossible de leur cacher. Je crois que la saga du Duc Dérangé est en passe de devenir une sorte de mythe. Félicitations cousin, tu as marqué l’histoire.
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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Un Nouvel Ordre (Korentin ; Ashy) TERMINE Jeu 26 Déc 2013 - 22:42

Malgré le calme apparent de son cousin, Korentin le connaissait trop bien pour ne pas voir la colère sous-jacente qui faisait briller ses prunelles d'une lueur mauvaise. Sans doute aurait-il préféré le voir écroulé et gémissant dans un coin, il pouvait toujours rêver ! Aussi mal qu'il puisse être Korentin aurait préféré se tuer plutôt que d'accorder ce plaisir à Fabius. C'était déjà bien assez qu'il ai usurpé la couronne... C'était assez paradoxal cette rage froide qu'il ressentait à cette idée sachant qu'il n'en avait en réalité jamais voulu et qu'il ne la voulait toujours pas. Sauf que ce qu'il voulait n'avait aucune importance, ce qui comptait c'était le devoir, et son devoir c'était de porter cette satanée charge sur ses épaules et de veiller au bien de l'empire. Ce qui commencer par ne pas le laisser aux mains de n'importe qui et surtout pas d'un cousin qui avait tout à coup dévoilé toute sa noirceur... Qui aurait cru que le sens du devoir des Kohan se réveillerait si tard chez lui ? Il avait l'impression d'avoir prit dix ans en quelques jours, et cela ne lui plaisait pas beaucoup. Quand à la manière que Fabius avait de voir les choses, cela lui plaisait encore moins. Il était d'un naturel trop optimiste et avait trop tendance à voir le bien chez les gens pour avoir une vision si sombre de son propre peuple et c'est donc avec une totale confiance qu'il cracha :

"Tu te trompe. Et c'est ce qui te perdra."

Oh bien sur certains réagiraient peut-être comme il le disait, certains seraient trop heureux de lécher les bottes du nouvel empereur et d'écraser ceux qui les gouvernaient encore la veille mais d'autres sauraient voir la vérité. Quelque soit leur nombre, ils s'opposeraient à cette injustice et un jour ou l'autre ils triompheraient. Fabius voyait une faiblesse en son éternel optimisme et peut-être en était-ce une parfois car sans cela serait-il dans cette situation aujourd'hui ? Peut-être pas... Mais cela pouvait aussi se révéler une force et il entendait bien voir la chose sous cet angle. Désormais il incarnait l'espoir de tout un royaume et même doublement en tant que dragonnier et qu'empereur légitime. Il serait digne de ces deux charges, cela ne l'effrayait plus. En cela au moins cette affaire aurait été positive, il en sortirait grandit et renforcé. Une absurde envie de rire s'empara de lui lorsqu'il songea que l'homme qu'il avait été avant tout cela n'aurait pu être empereur alors que l'homme qu'il risquait de devenir grace à Fabius en serait capable. Son cousin n'avait sans doute pas prévu une chose pareille... Bon par contre il devait bien avouer que lui non plus n'avait pas tout prévu... Une lueur rageuse s'alluma dans son oeil lorsqu'il gronda :

"Comment oses-tu parler de sang et de mort avec ce que tu as sur la conscience ? Quoi qu'il puisse arriver tu en es le seul responsable, n'essaye pas de te décharger sur moi. Il ne suffit pas de se coller une couronne sur la tête et de porter un nom prestigieux pour faire un empereur, je croyais que tu avais au moins appris cela de Rodrick, ou de Gregorist après lui. Tu répondra de tes actes Fabius, et c'est une prédiction plutôt qu'une menace."

Il en était certain, un jour ou l'autre le vent tournerait et lui ou ses héritiers récupéreraient la couronne. Ce ne serait pas par plaisir non, et la simple idée de devoir faire la guerre pour y parvenir lui donnait la nausée mais il le devait. Le devoir l'imposait, Fabius faisait un mauvais calcul en croyant que son bon coeur l'empêcherait d'agir et qu'il renoncerait plutôt que de provoquer un bain de sang. Il était le roi, et en tant que tel il récupérerait son dû quitte à souffrir pour cela. C'était ce que Rodrick aurait fait, ce que Gregorist aurait fait aussi et de même pour leurs ancêtres jusqu'au tout premier pirate a avoir mis le pied sur le continent. Des larmes et du sang sera versé avant qu'il y parvienne, et peut-être même ne pourrait-il supporter son propre regard après avoir provoqué la mort d'hommes, de femmes et d'enfants mêlés à sa guerre mais il le ferait. Parce que c'était la seule voie possible et imaginable. Un pli têtu s'était formé sur son front, signe des grandes décisions chez lui et il plongea un regard serein dans celui du borgne, le message était limpide. "Je suis le roi, tu peux créer toutes les apparences que tu veux mais le criminel dans cette pièce n'est pas moi. Et un jour, tu faudra rendre des comptes." Bien sur il garda tout cela pour lui, mais avait-il jamais été capable de cacher ses pensées et ses sentiments ? Certainement pas. Certains choses ne changeraient sans doute jamais.

Ce qu’il y a de bien avec les prisonniers, ce qu’ils vont là où on leur dit sans jamais poser de question. Pourquoi le feraient-ils ? Ils n’ont quand même pas envie d’hâter leur exécution…

Il haussa un sourcil devant cette ironie, pas totalement serein mais pas totalement inquiet non plus. Si son cousin avait voulu le tuer cela serait fait depuis longtemps. D'ailleurs on ne tuait pas un Kohan si facilement même si toutes les apparences étaient contre lui, Fabius ne voudrait sans doute pas faire trop de bruit et attirer l'attention de tous sur les faits reprochés au dragonnier. Néanmoins il n'était pas prudent de trop parier là dessus ni de faire trop de vagues, un accident était vite arrivé comme il l'avait déjà vu et il aurait été sacrément idiot de se croire en sécurité rien que de par son nom. Il n'insista donc pas et garda un silence prudent, il se débrouillerait pour ses plans d'évasion, ce n'était pas comme si il avait le début de la moindre petite idée pour y parvenir n'est-ce pas ? Et la suite l'intéressait beaucoup plus au point qu'il se révéla incapable de cacher la profonde inquiétude qui se lisait sur son visage. Désarmé, emprisonné, sa dragonne attachée, c'était malgré tout son amour pour sa famille qui l'enchaînait le plus. Lui et Ashy aurait pu tenter quelque chose, il le savait. Quitte à aller à la mort au moins y seraient-ils allé ensembles et sans regret mais Nolan... Valentine... Victoria. Il ne pouvait pas prononcer leur arrêt de mort ici et maintenant par un geste inconsidéré. C'est donc avec difficulté mais résolution qu'il baissa le regard lorsque la menace effleura ses oreilles. Quoi qu'il arrive, il sauverait sa famille avant tout. Il fallait qu'il y parvienne, ensuite seulement il serait libre de s'occuper de l'empire. En cela Gregorist était plus fort que lui, il n'aurait rien laissé se mettre entre l'empire et lui mais Korentin n'était pas Gregorist... Un sentiment de honte l'étreignit lorsqu'il songea à son royal cousin et ami mais il ne pouvait faire autrement. Quoi qu'il fasse lorsqu'il fermait les yeux c'était le regard confiant de Nolan qu'il voyait. La beauté sensuelle de sa femme et l'innocence maladroite de sa petite fille. Il ferma à demi les paupières en entendant dire qu'il avait marqué l'histoire et répondit avec une fermeté qu'il était loin de ressentir :

"Ce qu'ils croient n'a aucune importance, je veux qu'ils vivent. Et qu'ils vivent bien. Que tu me haisses est une chose, tu ne m'as jamais pardonné mes frasques et bien que cela ne t'excuse pas je peux encore l'accepter. Mais tu sais que Valentine n'est que douceur et innocence, quand à Nolan et Victoria ce sont des enfants. Ils sont influençables, confiants. Ils ne représenteront jamais un danger pour toi. Quoi que tu puisses faire à côté, quoi que tu puisses me faire à moi, prend au moins soin d'eux. Ils ne méritent pas de souffrir."

Et ils souffrent sans doute déjà assez... Un pincement d'inquiétude lui vrilla le coeur lorsqu'il songea au caractère rebelle et entêté de son fils. Il ne croirait jamais ce qu'on lui dirait sur son père, et il prendrait le contrepied de tout ce qu'on lui ordonnerait avec une joie toute particulière. Lui-même s'était toujours amusé de ses bêtises, d'ailleurs elles lui rappelaient les siennes mais il était à peu près certain que Fabius n'aurait pas la même mansuétude. Conscient d'espérer un peu trop il tenta tout de même :

"Si je pouvais au moins leur parler..."
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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Un Nouvel Ordre (Korentin ; Ashy) TERMINE Mer 1 Jan 2014 - 12:37

Tant d’aplomb. Fabius n’arrivait décidément pas à trancher : son cousin avait-il en sa possession des éléments qu’il ignorait ? Ou bien n’était-ce là que la sincère crédulité de l’éternel naïf ? Difficile de savoir, quoique le Borgne penchât pour la deuxième option. Il était tout simplement impossible à ses yeux que ce crétin comprenne mieux la nature humaine que lui. Mais cette certitude dans le regard de Korentin le faisait douter… Ce qui l’agaçait au plus haut point. Avait-il vraiment loupé un point essentiel ?

"Non… non. C’est impossible. Mon plan est parfait et ce n’est pas un cocu trahi par un cousin en qui il avait toute confiance qui me donnera des leçons de psychologie. Il n’a encore rien appris voilà tout. Seule la souffrance permet de s’élever. Et visiblement, il n’a pas assez souffert."

Rasséréné, le Comte bientôt Empereur lâcha un ricanement incrédule. Histoire de bien faire comprendre à son interlocuteur à quel point il se fourvoyait. Bien sûr, celui-ci n’en tiendrait aucun compte, mais lorsque Fabius aurait accomplit son œuvre, il lui montrerait. A quel point il était dans l’erreur. Le plus énervant dans tout cela, c’est que c’était Korentin lui-même qui avait offert gratuitement cette leçon au Borgne. Précisément en le privant de son œil. Et pourquoi ? Pour une stupide blague !

Et dire que c’était celui-là même qui lui donnait maintenant des leçons de morales. On croyait rêver.

Si au début il s’amusa de la rage qu’il voyait chez son cousin, sa tirade l’agaça très rapidement. Qu’on le taxe d’incompétence était déjà insupportable, mais que cette critique vienne d’un prisonnier qui n’avait même pas venu le coup venir… voilà qui dépassait les bornes !


Rodrick était fort et impitoyable. Son règne a été long et prospère. Grégorist était mou et idéaliste… Eh bien… Vois où cela l’a conduit. A l’origine notre famille n’est rien d’autre qu’une bande de pirates ayant su profiter d’une occasion en or. Evite donc de parler des Kohan comme s’ils avaient été choisis par les Esprits eux-mêmes pour régner. Comme si toi-même avait été choisit par eux… C’est risible. Dans notre famille, le commandement a toujours finit pas échoir au plus apte. C’est la raison pour laquelle nous sommes toujours au pouvoir des siècles plus tard.

Néanmoins il voyait bien que son petit discours n’avait aucun effet. Korentin arborait cet air d’enfant têtu qu’on voyait parfois sur la bouille de son fils. Pathétique. Il voulait être Roi, mais n’était même pas capable de contrôler l’expression de ses sentiments. Il avait fait ce qu’il avait fait pour des raisons égoïstes, il ne le niait pas. Pourtant, il croyait sincèrement que ce serait profitable à l’Empire. Que ce soit Grégorist ou Korentin… Une aimable farce, rien d’autre.

Bien que détestant de tout son être le Duc, il hocha la tête d’un air approbateur lorsque celui réussit à rester fort et ferme face aux nouvelles du monde extérieur. Bien sûr ce n’était qu’une question de forme, car sur le fond, c’était franchement lamentable. Et Fabius ne put empêcher un formidable fou rire.

"Valentine n’est que douceur et innocence… Mon pauvre… Si tu savais."

Lorsqu’il réussit enfin à se contrôler, il hocha à nouveau la tête entre deux larmes de joie. Puis ajouta d’un ton plus sérieux.

Ils ne risquent rien je te l’ai dis. Et si tu doutes de ma parole, ce qui est bien compréhensible, alors dis-toi que leur décès alors même que le père est en prison serait franchement suspect.

Il haussa les sourcils devant la requête de son cousin. Avait-il perdu l’esprit ? Voir sa famille ? Et quoi d’autre ? Un fauteuil ? Des repas plus garnis, peut-être aussi un baptistrel pour passer le temps ? Fabius secoua la tête d’un air excédé. Pourquoi fallait-il que le monde entier s’acharne à le prendre pour un idiot ? Il se releva, poussa un bref soupir, puis conclu cette entrevue qui commençait à franchement l’ennuyer.

Non, c’est impossible. Je n’ai aucune confiance en toi. Malgré les menaces tu chercheras à faire passer un message. Codé bien sûr, en n’utilisant des références que seulement eux pourront comprendre. Mais je ne serais pas aussi négligent que mon prédécesseur. Sache aussi qu’ils restent sous bonne garde. Officiellement pour leur propre sécurité, car beaucoup de familles veulent se venger. Néanmoins les lames noires ont ordre de t’abattre à vue. Il n’a pas été difficile de les convaincre : ce sont des Kohan et ils sont déjà en partie compromis, à cause de toi. Si jamais ils avaient un nouveau contact avec toi, qu’on les suspectait de faire partie de cette trahison… le peuple exigerait leurs têtes. Tu connais cet Ordre, ils protégeront notre famille coûte que coûte.

Et toi… tu n’en fais plus partie. Adieu cousin, je repasserai peut-être dans une dizaine d’années.


Sans un mot de plus et rapidement suivit par son escorte, Fabius remonta les escaliers.
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MessageSujet: Re: [INTRIGUE] Un Nouvel Ordre (Korentin ; Ashy) TERMINE Sam 4 Jan 2014 - 16:25

Si il n'avait sans doute pas réussi à le désarçonner et encore moins à lui faire entendre raison au moins avait-il réussi à semer le doute dans l'esprit de son cousin... Il le voyait briller dans ses yeux en une lueur dangereuse que son côté provocateur brûlait t'attiser tandis que son côté raisonnable préférait garder le silence. De toutes façons la lueur ne brilla pas bien longtemps, le soit disant empereur reprenait confiance à toute allure et riait à présent à ses dépends. Le dragonnier resta de marbre face à cela et se contenta d'un léger haussement d'épaule à la réplique de son cousin.

"Il y a bien longtemps que nous avons laissé notre passé de corsaires derrière nous, tu as loupé quelques épisodes, cousin."

Quand à l'aptitude dont il parlait... Korentin n'était pas assez bête pour pousser le bouchon jusqu'à balancer directement à la sale trogne d'en face ses plus pures pensées à ce sujet mais il n'en pensait pas moins justement. Fabius empereur ? Autant dire que le royaume risquait gros... Oh il ne serait pas incompétent bien sur, il avait été formé aux postes d'autorité comme tous les Kohan mais il était totalement aveugle pour tout ce qui concernait l'importance d'une confiance réciproque entre un peuple et son suzerain. Il gouvernerait par la force si la ruse ne suffisait pas, et l'un et l'autre n'avait jamais suffit à obtenir l'amour d'un peuple. Il rirait à cette réflexion, mais il finirait par apprendre que les moutons qu'il croyait pouvoir diriger sans mal pouvaient fort bien se transformer en loups si le berger ne leur plaisait pas. Et alors ce serait l'escalade de violence... Même si il n'avait pas été le roi légitime et dans l'obligation de récupérer son trône il n'aurait pas pu laisser le royaume entre les mains de Fabius. Il pouvait s'estimer aussi apte qu'il le voulait à la gourvenance d'un royaume mais son cousin continuerait de penser le contraire. Surtout à présent qu'il avait vu son vrai visage. Peu désireux de se lancer dans un discours qui ne ménerait à rien du tout il se contenta de secouer la tête avec tristesse :

"Tu ignores tout de ce qu'être roi veut dire... Et c'est le royaume qui payera."

Sauf qu'il l'en empêcherait, comme le prouvait la lueur ardente qui brillait dans ses prunelles. Avec l'aide de son peuple, avec l'aide d'Ashy et de tout ceux qui voudraient bien lui prêter main forte il renverserait cet usurpateur. Quitte à y passer sa vie entière et non pas pour une quelconque vengeance, simplement parce que c'était ainsi que devaient aller les choses. Jamais il n'avait été aussi sur du chemin qu'il devait suivre, c'était toujours ça... Restait un obstacle de taille à franchir, sa propre famille et la sécurité qu'il se devait de leur offrir. Mais il y parviendrait, il faudrait bien qu'il concilie les deux, c'était ainsi. Il écouta les explications du borgne avec méfiance mais sans pouvoir mettre en doute ses arguments. Au moins étaient-ils tous à l'abri pour le moment... Mais seul le Dracos savait comment il allait bien pouvoir s'échapper sans les mettre en danger de mort ! Une longue réflexion s'imposait, temps que son cousin semblait disposé à lui donner. Une dizaine d'année hein ? Il se composa un visage morne en le voyant partir, ce qui ne fut pas très difficile vu qu'il ne voyait pas bien comment se sortir d'affaire, et se tourna à nouveau vers le mur, tout à ses réflexions. Fabius n'avait pas tort au sujet des lames noires, elles étaient trop fanatiques pour venir en aide à un homme convaincu de traitrise. Mais peut-être pouvait-il les convaincre du contraire ? Pas tous, mais ceux qui le connaissaient bien... Ou Aaron peut-être... Le commandant avait vu Korentin grandir, pourrait-il croire aux charges qui l'accablaient ? Il faudrait se montrer très persuasif pour décider cet homme têtu et loyal de se détourner de celui qu'il croyait son roi... Ou peut-être devrait-il se tourner vers Rachèle ? Mais accepterait-elle de le voir ? Et comment la contacter ? Fabius avait forcément laissé des ordres stricts à ce sujet...

Complotant et ruminant avec lui-même, Korentin ne s'était même pas aperçu que son lien avec Ashy avait été rétablit avec le départ de Fabius et donc de Dévoreuse. En la sentant contre son esprit, il caressa son esprit :

"Courage ma belle, je ne sais pas encore comment, mais je sais qu'on s'en sortira. Il peut se croire puissant mais il est seul, contrairement à nous... Lui ne peut vraiment compter sur personne, c'est là sa faiblesse."

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