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La lisière Elfique est en place à la frontière du 27 octobre au 27 novembre . L'entrée ou la sortie du Royaume Elfique sont donc compliquées entre ces deux dates.
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Un orage dans l'après-midi [PV Galadrielle Evanealle] TERMINE

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MessageSujet: Un orage dans l'après-midi [PV Galadrielle Evanealle] TERMINE Jeu 17 Jan 2013 - 17:19

      Il en avait marre de tout ça. Une fois de plus, la moitié de la cour se payait de sa tête, de son impatience et de son caractère. Il en avait eu sa dose. C’était quelque chose qu’il ne supportait pas, et beaucoup de gens le savaient pertinemment. Ce nid de vipères qu’était la cour de Galadrielle Evanealle devenait de plus en plus hostile aux yeux du Prince. S’en aller lui semblait de plus en plus justifié. Ses plans avançaient en parallèle des cuisantes humiliations qu’il subissait ces derniers temps. De toute manière, il s’en irait bientôt, ce n’était qu’une question de semaines désormais. Aegnor était furieux, comme souvent. Ses yeux fauves jetaient des éclairs de rage, le feu d’une colère aussi puissante qu’un orage estival couvait dans les deux magnifiques iris du Prince. Sur le coup, il aurait eu envie de casser tout ce qui lui passait sous la main, autre elfes compris. Tout aurait pu être la cible de son terrible courroux, sauf les magnifiques et pacifiques arbres, témoins silencieux des vices de la cour des elfes. Eux étaient les seuls qui semblaient comprendre le Prince, eux et, évidemment, sa chère tante l’Impératrice.

      Rien que la pensée de sa chère tante calmait le Prince. Elle était et avait été la mère qu’il n’avait jamais eu, ou presque. N’ayant aucun souvenir de ses propres parents, il leur avait substitué Galadrielle qui, en plus d’être sa tante était devenue une sorte de mère de cœur d’Aegnor. Sa sagesse n’avait d’égal que sa beauté, et tous savaient à quel point les deux étaient sans limites ou presque. Le Prince lui était totalement dévoué tant il l’appréciait. Parmi les elfes, elle semblait être une des rares qui le comprenait, qui savait ce qu’il ressentait. De plus, elle avait cette capacité inestimable de calmer son neveu rapidement et facilement, un peu à la manière du vent qui soufflerait les feuilles mortes d’un arbre. Enfin, c’était comme ça d’habitude. Mais aujourd’hui paraissait être différent.

      Aegnor était réellement furieux, il écumait un endroit à l’écart, pour ne pas qu’on le voie fulminer. Le seul moyen qu’il avait d’extérioriser toute cette colère se résumait à la poignée de son épée, qu’il serrait si fort que ses jointures avaient blanchi à l’extrême, blancheur ternie par la rougeur vermeille du sang qui la tachait par endroit. A force de tenir le pommeau si violemment, ses longs doigts s’étaient mis à saigner quand il avait donné un grand coup d’épée sur le sol. Il avait failli continuer, frapper encore et encore, mais la vue du sang l’avait dissuadé de poursuivre ses efforts, aussi vains que peu constructifs. Son impatience était son talon d’Achille, il le savait mais ne pouvait lutter contre son caractère. Il baissa les yeux sur le sol, là où l’entaille faite par son épée, marque de son explosion de colère, attendait comme si elle espérait recevoir un autre coup de lame. Il regarda le sol, soudain dépité.

      - Je suis désolé, souffla-t-il à l'attention de sa lame. Tu n'es pas faite pour ce genre de choses.

      Si la colère bouillonnante devenait colère glaciale, comme c'était le cas actuellement, Aegnor devenait réellement tempétueux. Les explosions, ses cris et sa gestuelle brusque s'estompaient au-fur-et-à-mesure qu'il plongeait dans l'abîme d'une fureur sans bornes. Il ruminait en silence, ses yeux glissant hargneusement de gauche à droite, à la recherche d'une cible à éradiquer. Finalement, la solution lui vint tout naturellement. Comment pouvait-il ne pas y avoir pensé plus tôt ? Le remède à ses maux était évident. Le tempétueux Prince décida lors d'aller voir sa tante, qui, s'il la connaissait bien - et c'était le cas-, se trouvait sûrement dans son bureau. Ayant soudain un objectif bien réel, il se mit rapidement en chemin, allant bon train, sa démarche leste et souple pouvant passer pour totalement sereine si ses yeux ne jetaient pas de tels éclairs de rage.

      Après quelques instants de marche, qui passèrent extrêmement rapidement aux yeux d'Aegnor. Il déboula alors devant la porte du bureau, qu'il ouvrit à la volée. Une fois le seuil passé, il s'arrêta, pile en face de sa tante, dont la grâce l'empêcha de prononcer le moindre mot. Sur le coup, il fut sidéré par son élégance et son aura de bienveillance qui l'entourait. Elle était merveilleuse, digne d'être l'Impératrice des elfes. Quant à lui, au mieux méritait-il son titre de Prince, mais rien de plus. Après un court instant de silence qui semblait plus long pourtant, Aegnor explosa enfin.

      - Ma tante ! Tous vos conseiller, tous les gens de la cour ne sont qu'un ramassis de serpents ! Comment diable parvenez-vous à les supporter ? Tonna-t-il dans l'intimité du bureau. Ils préfèrent leurs jeux d'intrigues et leur lenteur calculée, c'est insupportable.

      Il s'était approché et tapa violemment du poing sur la table, la regardant droit dans les yeux. Elle n'avait pas ou peu bronché, comme si les exubérances de son neveu lui étaient habituelles. A sa vue, il ne put s'empêcher d'esquisser un sourire, bien malgré lui. Pourtant, en dépit de cette éclaircie dans l'orage de sa colère, il n'en demeurait pas moins que sa fureur était clairement visible, certains signes ne trompant pas. Ses mains tremblaient sur la table, ses doigts blessés saignant sur le bois lustré. Le visage tendu du Prince transpirait un peu, de petites gouttes luisaient dans la lumière du jour. Ses yeux fauves avaient pris feu, un brasier qui ne s'arrêterait uniquement quand tout combustible serait consumé.


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MessageSujet: Re: Un orage dans l'après-midi [PV Galadrielle Evanealle] TERMINE Ven 18 Jan 2013 - 18:02

{hrp: désolée pour cette petite longueur, j'espère qu'elle te convient néanmoins et qu'elle t'inspirera Smile }



La discussion d'avec le Conseiller Eliwyr d'il y a quelques jours lui avait beaucoup de bien à notre pauvre Reine qui, bien que toujours lasse, avait reprit assez de motivation pour essayer de mettre de l'ordre dans les papiers qui envahissaient chaque jour un peu plus son bureau. Alors qu'elle était courbée sur son plan de travail, tel le roseau pour lutter contre le vent violent de la tempête, les traits doux et concentrés par les données qu'elle étudiait, elle sentit son épine dorsale légèrement frissonner, comme si une tornade se dirigeait vers les lieux dans lesquels elle s'était retiré. Perplexe, elle redressa lentement son buste et posa sa plume d'oie avec délicatesse sur le bois couleur miel pour regarder sa porte qui se mettait à vibrer dangereusement jusqu'à claquer sèchement contre le mur. Haussant un sourcil en voyant une tempête blonde aux yeux d'ambre taper du poing contre la table en hurlant de sa jolie voix les injustices qui résonnaient en son cœur.

- J'arrive à les supporter en étant patiente, compréhensive et plus maligne qu'eux, dit-elle calmement en le regardant d'un air imperturbable, un sourire tendre flottant sur ses lèvres alors qu'elle le contemplait avec amour, la colère de son neveu se brisant sur cette montagne qu'elle était sans en ressentir le choc ni la blessure.

Arrangeant brièvement quelques papiers, Galadrielle se leva avec grâce et lenteur pour faire le tour de son bureau et alla fermer la porte comme si aucune tempête n'avait eu lieu même si elle avait toujours conscience de l'impétuosité coléreuse de son petit garçon. Une fois tous les deux dans l'intimité de son bureau, la Reine se rapprocha et fixa avec inquiétude sa main dont elle voyait goutter des petites perles de rubis liquide : pourquoi saignait-il cette fois-ci ? Soupirant doucement, elle attrapa sa main de guerrier entre ses doigts fins et regarda les petites plaies.

- Aegnor... Tu sais que tu peux venir me voir autrement qu'en tempêtant : ma porte t'est toujours ouverte. Et j'ai besoin de ces « serpents » comme tu dis parce qu'ils sont utiles à la gérance de ce Royaume : seule, il y aurait déjà longtemps que je me serais éteinte comme une fleure fanée. Sans compter que je ne suis plus toute jeune, petite pousse, alors un peu de délicatesse envers ta vieille tante, dit-elle en lui souriant malicieusement, une pointe de tendresse pour la flamme ardente qu'était son héritier.

Ne lâchant pas sa main, elle l'attira jusqu'à un petit sofa et s'y assit avant de tirer doucement sur son bras pour qu'il la suive sans discuter, restant très douce et chaleureuse.

- Tu t'es encore une fois blessé, t'arrivera-t-il un jour de cesser cela ? Je n'aime pas te voir, aussi petite soit la plaie, souffla-t-elle doucement en effleurant les petites coupures du bout de ses doigts avant de réaliser un chant elfique afin de les soigner et les refermer comme si elle n'avait jamais existé. Tu es un prince, Aegnor, et mon héritier : il est bien de savoir se battre mais tu devrais passer plus de temps en ma compagnie pour apprendre ta future charge, le gourmanda-t-elle gentiment, libérant sa main, le regardant tendrement.
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MessageSujet: Re: Un orage dans l'après-midi [PV Galadrielle Evanealle] TERMINE Sam 19 Jan 2013 - 1:01

      Cette femme était l'incarnation faite de la Sagesse, celle qui semblait avoir des réponses à tout, et toujours la bonne qui plus est. Galadrielle semblait être un puits de savoir sans limites, de bienveillance et de gentillesse vis-à-vis de son neveu. Jamais elle n'avait eu de mot dur à son égard, jamais elle n'avait perdu patience ni son sourire si chaleureux. L'Impératrice était une source de réconfort inépuisable et paisible, remplie d'affection et toujours à l'écoute de son prochain. Pour toutes ces raisons, elle avait tout le respect et l'admiration d'Aegnor, qui la considérait comme une des personnes les plus sages ayant jamais vécu. La très haute estime qu'il avait de sa tante était uniquement entachée de l'unique source de désaccord entre eux; le Prince était le seul héritier de Galadrielle. Ceci était et demeurait l'origine d'une tension légère mais bel et bien présente dans leur relation, et qui parfois engendrait quelques -calmes- disputes entres eux, qui souvent s'achevaient en boutades, comme si les deux refusaient de briser les liens qui les unissaient pour quelque chose d'au fond pas si important.

      C'était avec toutes ces pensées en tête qu'Aegnor rendait visite à sa tante. A chaque fois, toutes ces idées gravitaient dans son esprit, organisées clairement par son subconscient, qui souvent lui dictait comment agir, instinctivement. Il s'était tu aussitôt qu'elle avait commencé à parler. Comme d'habitude, ses paroles ne furent que bon sens et intelligence. En dépit des apparences, la tante d'Aegnor se révélait être quelqu'un de particulièrement habile dans le jeu politique, et elle demeurait quasiment sans égale quand il s'agissait de se jouer de ses conseiller. Son apparence angélique et parfaite l'aidait en cela parfaitement, puisqu'une telle image de la perfection paraissait bien mal placée pour ruser ainsi, et pourtant. A chaque fois, cela faisait sourire son neveu de Prince, que cela amusait beaucoup. Cette fois était néanmoins très différente. Le Prince aux mèches blondes avait vu le vase de sa patience se remplir de la goutte de trop, le vase en question ayant explosé au lieu de déborder.

      Aegnor suivit sa tante des yeux quand elle se leva, sa silhouette élégante et gracieuse allant fermer la porte avec autant de douceur que le Prince avait eu de violence quand il l'avait ouverte. Une fois qu'elle les eu enfermé dans l'intimité solennelle et secrète de son bureau, elle s'était avancée vers lui, fixant sa main blessé d'où gouttaient de petites perles vermeilles, courant le long des minces doigts du Prince. Lui aussi les regarda, d'un air contrit et presque navré. Déjà sa colère s'apaisait, comme à chaque fois qu'il pouvait être seul avec elle. Galadrielle avait cet aura unique qui calmait tous ceux qui se trouvaient autour d'elle, son tempétueux neveu en premier. Quand elle prit sa main, il aurait voulu la dégager violemment, laisser exploser toute sa frustration, mais n'y parvint pas. Au mieux esquissa-t-il une vaine tentative de retirer sa main qui échoua lamentablement. Une vague de culpabilité traversa l'esprit du bouillonnant Prince, qui finalement abandonna l'extrémité en question à sa tante, qui déjà en examinait les plaies, et ce avec le même air que quand elle lui faisait la même chose presque deux cent ans auparavant, alors qu'il n'était encore qu'un enfant.

      Elle le tira, le guidant jusqu'à un petit sofa, avec un petit sourire malicieux, celui qu'elle avait quand elle lui glissait quelques confessions, comme heureuse de pouvoir confier de petits secrets. Elle s'assit et Aegnor l'imita presque aussitôt, prenant place à son côté, le droit, comme il en avait l'habitude. Sans s'arrêter dans son doux sermon sauf pour chantonner des paroles de soin, elle referma les plaies, et les mains du Prince retrouvèrent leur état habituel rapidement, obéissant à la douce voix de l'Impératrice qui leur intimait d'effacer les petites coupures encore sanguinolentes. Aegnor la regarda avec un pincement au coeur.

      - J'ai beau être un Prince, je n'en demeure pas moins la source de beaucoup de railleries, surtout venant de vos conseillers. Le peuple a trop de respect envers les traditions et l'étiquette pour oser dire quoi ce que soit, mais ils n'en pensent pas moins, soupira Aegnor en laissant sa colère retomber encore d'un ton.

      Il sourit faiblement, comme s'il cherchait à s'excuser sans prononcer le moindre mot, puis poursuivit.

      - En réalité, j'ai agi de manière stupide, et je me suis blessée en donnant un coup d'épée sur le sol. Pussé-je obtenir ne serait-ce qu'un dixième de votre sagesse et de votre patience que j'en sortirais grandi. Pourtant, je pense avoir raison concernant certains des membres de la cour, qui ne sont que des vipères avides, en dépit du peu d'utilité que vous leur trouvez encore.

      Aegnor saisit la main de sa tante qu'il garda entre les siennes comme un précieux artéfact magique d'un temps ancien. Il fixa le mur en face, fixement, observant le grain du bois avec son acuité visuelle qui n'avait rien d'humaine. Il fronça les sourcils un court instant, hésitant sur la formulation de ce qu'il souhaitait dire.

      - Vous savez, chère tante, vous succéder n'a jamais été dans mon intention, et je compte toujours que vous me surviviez, ainsi pourrais-je échapper à cette tâche que vous exigez de moi. Néanmoins, si cela peut vous faire plaisir, alors peut-être que je ferais bien de m'intéresser un peu plus aux tâches exigées pour un monarque.

      Soudain il se sentit coupable. Il détestait le mensonge mais pourtant il avait volontairement omis de mentionner le voyage qu'il espérait pouvoir entreprendre un jour. C'était son but, son voeu le plus cher ainsi qu'un objectif de vie. Ceci étant, il se sentait obligé de devoir obéir à sa tante, à qui il ne pouvait rien refuser ou presque. Elle exerçait sur lui une influence à laquelle il ne pouvait se soustraire totalement, en dépit de sa volonté d'y échapper. De toute manière, il savait pertinemment qu'elle n'accepterait jamais ce choix, et mieux valait le lui cacher jusqu'au moment opportun. Il se tut, le regard dans le vide, le coeur tambourinant au fond de sa poitrine, ne s'étant pas encore totalement remis de la colère violente qui l'avait pris plus tôt dans la journée. Encore une vaine colère dont il avait l'habitude, mais au fond, qui s'en souciait réellement ? Seule sa tante semblait y attacher de l'importance et encore, elle ne semblait jamais inquiétée par toutes les paroles de son neveu qui ne souhaitait pourtant que leur bien aux deux. Pour l'instant, il ne désirait que profiter de la présence sereine de l'Impératrice Galadrielle.
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MessageSujet: Re: Un orage dans l'après-midi [PV Galadrielle Evanealle] TERMINE Sam 19 Jan 2013 - 23:26

- Mon chéri, ce n'est pas parce qu'ils ont une mauvaise opinion de toi que forcément c'est justifié. Je suis la Reine de tous les elfes et je connais ce qui se cache en eux, je ne suis pas sotte, et je sais ainsi ce qui est fondé ou non dans leur jugement, dit-elle doucement après avoir soigné ses petites plaies. Tu es quelqu'un de très responsable et de capable Aegnor, certes tu es fougueux et pleins de passion, mais c'est ce qui fait ta force et ta motivation dans ta croyance en ce que tu juges juste. Fais moi confiance, ces langues de vipères médisent sur ton compte parce qu'ils sont jaloux du trésor que tu possèdes en toi.

Galadrielle souffrait de voir son petit garçon, son neveu bien-aimé, aussi désemparé par les fourberies de la Cour et du jeu de la politique. Certes, il était nécessaire pour le bien-être du Royaume de frayer avec ce genre de personne retorse mais cela la peinait qu'Aegnor en souffre, elle détestait voir son petit guerrier aussi seul et désarmé. Futur héritier de la couronne, il semblait sans défense face à leurs piques aussi acide que la ciguë... Posant une main douce et aimante sur sa joue, elle la caressa tendrement en le couvant du regard, restant à ses côtés en l'écoutant avec attention, prenant conscience de sa détresse et de son besoin de se confier, malgré le fait que ce n'était pas la première fois que son neveu lui ouvrait son cœur à ce sujet.

- Quand tu es en colère, au lieu de t'évertuer à blesser le sol avec ta pauvre lame qui n'a rien demandé à personne, viens plutôt me voir pour en parler : tu sais que j'aurais toujours un moment à t'accorder ma petite pousse, dit-elle tendrement en cessant de lui cajoler la joue pour le laisser attraper ses mains, consciente qu'il avait besoin d'elle et de se confier.

Pourtant, Galadrielle ne s'attendait pas à ce qu'il lui dise cela. Oh bien sûr, ce n'était pas la première fois qu'il lui disait qu'il s'intéresserait pour lui faire plaisir, mais elle le sentait épuisé, comme s'il portait un lourd fardeau sur ses épaules. Cela l'attrista encore plus...

- Aegnor... Souffla-t-elle avant d'attraper son menton pour qu'il la regarde, les yeux chaleureux et un peu peiné. Combien de fois m'as-tu tenu ce genre de propos depuis que tu es venu au monde petit sacripant ? Sourit-elle en attrapant une de ses mèches qu'elle glissa derrière son oreille. Bien que cela me donne vraiment beaucoup de plaisir d'entendre ses mots franchir une nouvelle fois le barrage de tes lèvres, je te connais comme si tu étais mon propre fils : tu es le vif-argent, toujours prompt à la colère et à l'action, préférant agir que de patienter en parlant comme l'héritier que tu devrais être, dit-elle tendrement en se redressant dans sa position, ses doigts se serrant doucement autour de ceux de son neveu.

Comment pouvait-elle lui faire comprendre ce qu'elle voulait de lui, ce qu'était son rôle à lui... Sans pour autant le froisser ou le briser... C'était si compliqué...

- Je ne suis plus toute jeune mon chéri, je vais sur mes 781 hivers déjà et ton... Ton oncle va bientôt fêter ces 936 printemps... Souffla-t-elle en détournant brièvement les yeux, le cœur serré rien qu'en repensant à ce fait immuable. Je suis déjà lasse de gouverner et il se perd de plus en plus dans la mélodie de la Nature : ses promenades se rallongent et ses yeux perdent leur éclat pour se parer du voile du rêve. Aegnor, mon garçon, tu auras beau prier Dracos, je ne retrouverais pas ma jeunesse et ma vigueur d'autrefois, lui expliqua-t-elle tendrement en serrant leurs doigts.

C'est si dur... Et elle ne voulait pas le mettre au pied du mur...

- Un jour prochain, je me retrouverais seule et ce jour-là, ce sera à toi de me remplacer sur le trône pour que je puisse m'éteindre en paix, heureuse de savoir que notre Royaume sera en de bonnes mains entre les tiennes, que cela plaise ou non aux conseillers et à la cour. J'ai vécu une longue vie, chéri, et il sera temps un jour que je te passe le flambeau de cette lourde charge, souffla-t-elle en embrassant le front de son neveu. Je sais que tu ne veux pas de cette mission et tu sais que si j'avais pu désigner quelqu'un d'autre, je l'aurais fait sans hésitation pour t'épargner cela, mais cela ne peut être personne d'autre que toi...

Elle aimerait tellement qu'il comprenne cela... Mais il n'aurait pas été lui-même s'il n'avait pas cette rébellion dans le sang et ce désir de liberté qui l'embrasait comme un feu continu, et elle respectait cela au-delà de tout.

- Cependant... J'ai encore assez d'énergie pour tenir les rênes et je ne souhaite pas te léguer un Royaume souffrant à cause de cette guerre qui s'annonce et d'autres soucis, finit-elle par lui dire en quittant l'étreinte de ses bras.

Soupirant doucement, elle le repoussa délicatement et quitta la prise rassurante du sofa pour faire quelques pas hésitants, finissant par se rendre auprès de la fenêtre afin de regarder au dehors. Elle devait le faire... Pour lui... Et pour le Royaume...

- J'ai discuté il y a quelques temps avec le Conseiller Eliwyr, reprit-elle doucement en serrant ses bras autour d'elle. Tu sais que j'ai beaucoup d'estime pour cet elfe, tu sais aussi que je l'apprécie vraiment beaucoup, qu'il est l'équivalent d'un ami à mes yeux... Nous nous sommes entretenus à ton sujet, au désir que tu as de ne pas hériter de la couronne, au désir que tu as de voler de tes propres ailes et d'explorer le monde, raconta-t-elle sans se retourner, refusant de lui faire face alors qu'elle entendait déjà son cœur pleurer à l'annonce de ses propres paroles futures.
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MessageSujet: Re: Un orage dans l'après-midi [PV Galadrielle Evanealle] TERMINE Dim 20 Jan 2013 - 22:46

      D'après de telle paroles, on aurait pu en déduire que la politique n'était qu'un jeu où ruse et faux-semblants étaient les maîtres mots. D'une certaine manière, il était envisageable que tel fut le cas, bien qu'avec des elfes, on ne pouvait être sûr de rien. Une seule chose demeurait pourtant certaine, les politiciens n'attachaient que peu d'importances au peuple, et passaient leur temps à tenter de prendre des avantages sur leurs rivaux, et gagner en privilèges ainsi que monter dans l'estime de l'Impératrice. En réalité, un observateur externe aurait peut-être émis l'hypothèse qu'il ne s'agissait que d'un concours aussi habile que mesquin pour faire bonne figure. De telles pensées étaient évidemment fondées, sans pour autant avoir de preuves tangibles et de faits sur lesquels pouvoir s'appuyer pour le justifier. Et là était la légende des politiciens elfes; aucun ne commettait d'erreur ou presque et les luttes étaient rudes, bien que camouflées sous le code de la politesse et de la courtoisie elfique. Ce qui aurait pu apparaître à un être humain comme une simple discussion entre deux conseillers était en réalité parfois bien plus qu'un simple échange verbal, mais bel et bien une lutte sans merci. Le Prince Aegnor détestait une telle hypocrisie consistant à toujours vouloir flatter sa tante, et les conseillers lui apparaissaient comme de vils profiteurs ne cherchant qu'à gagner en pouvoir. Il en méprisait une bonne moitié, et n'appréciait que peu une bonne partie de ceux restants. En réalité, peu étaient les membres de la cour qui possédaient encore du crédit aux yeux du flamboyant héritier.

      Là où il y avait un épineux pour le Prince était évidemment le fait que sa tante Galadrielle nourrissait des projets à son égard qu’il n’acceptait que partiellement. Autant sa formation à la cour était un mal nécessaire à ses yeux, autant le fait qu’elle veuille faire de lui son héritier le dérangeait énormément. Premièrement, devenir héritier de la couronne faisait de lui quelqu’un pouvait être utilisé comme arme contre l’Impératrice. Deuxièmement, il ne désirait pas la couronne. Finalement, le fait de mentionner le passage de témoin lui faisait amèrement penser au retrait de Galadrielle, et possiblement par sa mort. Inévitablement ce jour viendrait, mais attaché comme il l’était à sa tante, ce serait une terrible épreuve à traverser. Pour le moment, elle était là en face de lui, aussi bienveillante qu’une divinité angélique, lui prodiguant conseil et lui transmettant un peu de sa sagesse. Le Prince sourit faiblement. Sa tante était lucide, mais d’une bonté sans bornes vis-à-vis des personnes concernées par leur discussion. Peut-être qu’en tant que souverain, lui-même aurait usé d’un vocabulaire plus acéré à leur égard, mais ce n’était pas le cas. Aegnor se retrouvait dans une situation légèrement désagréable. Le Prince était à un carrefour où bientôt le choix deviendrait inévitable. Il pouvait choisir sa liberté et l’aventure, son souhait le plus cher, une volonté d’indépendance qui le consumait depuis son plus jeune âge. De l’autre côté, il restait dans le royaume elfique aux côtés de sa tante pour apprendre les ficelles de la politique. Dans ce cas-là, il devrait renoncer à son rêve d’enfant. C’était un choix particulièrement difficile, et bien malin était qui pouvait prendre une décision ainsi et pouvoir deviner à l’avance quelle voie serait la plus plaisante à suivre. De plus, le Prince refusait catégoriquement de renoncer à son affection pour l’Impératrice qu’il chérissait comme sa propre mère.

      Pourtant, cette journée était réellement différente, car si la colère d’Aegnor avait été bien plus violente que de coutume, il devinait quelque chose d’autre. Il avait une intuition, diffuse et incertaine, mais néanmoins bien présente. Quelque chose rendait sa tante différente, comme si elle était tracassée par quelque chose qu’elle désirait taire. C’était énigmatique. Les paroles de l’Impératrice également paraissaient curieuses, elles contenaient une note de mélancolie très rare quand elle s’exprimait, ce qui eut pour effet d’attiser la curiosité du jeune Prince, qui la dévisageait. Quand elle évoqua son époux, son Prince régent et l’oncle d’Aegnor, ce dernier devina qu’effectivement, sa tante était sur le point de lui faire une confession. Durant un instant, il crut qu’elle allait lui répéter un refrain connu, terriblement frustrant aux oreilles du Prince, celui qu’effectivement elle désirait faire de lui son héritier. Le feu follet ne fut que moyennement surpris quand il l’entendit. Au moins avait-il deviné le sujet même s’il s’était trompé sur le contenu. Ce fut lorsqu’elle évoqua sa discussion avec le conseiller Eliwyr que l’attention d’Aegnor se tourna complètement vers sa tante qui entre-temps s’était levée. Il la sentait sur le point de dire quelque chose de réellement important, mais un curieux blocage semblait opérer, comme si au fond d’elle, quelque chose la bloquait. Le Prince n’avait pas tout compris de la lutte qui se déroulait dans l’esprit de sa tante mais pourtant, une petite voix lui soufflait qu’elle n’était pas naturelle. Il laissa un léger soupire s’échapper entre ses lèvres minces puis prit la parole.

      -Mes colères ne sont le résultat que de vos conseillers qui se permettent bien des choses, et peu importe l’opinion qu’ils ont de moi, il s’agit de celle qu’ils ont à votre égard qui me parait réellement capitale, expliqua lentement Aegnor. Je n’agis qu’en accord avec moi-même, même si je regrette ces coups d’épée qui étaient ridicules.

      Même si avouer lui était parfois douloureux, cela faisait partie du processus visant à se calmer mais également à réaliser les erreurs qu’il avait commises. De plus, il prenait ainsi conscience des faits avec recul, pour ne plus répéter de tels actes. Il se leva et alla rejoindre sa tante, dont il prit une main dans la sienne, regardant dans la même direction qu’elle. Grimaçant lorsqu’elle évoqua son âge ainsi que celui de son époux.

      -Vous demeurerez éternellement jeune ma tante, du moins à mes yeux. Y a-t-il une seule elfe qui puisse prétendre à autant de qualités que vous ? L’âge vous aura au pire rendue plus lasse, mais ô combien plus sage que n’importe qui d’autre. Souffla le Prince dans un murmure.

      Désormais, il devrait se montrer particulièrement habile s’il désirait obtenir ce qu’il souhaitait de l’Impératrice. Même si elle était lente, il devrait attendre et se faire violence, une autre colère pouvait ruiner instantanément son entreprise.

      -Hériter du Royaume ne m’intéresse pas et vous le savez. Egoïstement, je souhaiterais pouvoir étendre votre règne à l’éternité, pour que la question ne se pose pas, mais vous paraissez avoir des desseins bien particuliers à mon égard, sans jamais m’en toucher mot à l’exception de ce que je sais déjà.

      Aegnor fit une courte pause, reprenant son souffle, puis poursuivit.

      -J’imagine que cet Eliwyr n’aura fait que confirmer votre propre opinion. Vu que vous semblez le tenir en si haute estime, il a sûrement appuyé vos convictions pour ne pas perdre ce que vous appelez être une amitié entre vous.

      Il remarqua que sa tante refusait de le regarder. C’était curieux. D’habitude, elle le couvait de son regard maternel et attendri, l’écoutant avec patience raconter ce qu’il avait sur le cœur, comme elle le faisait depuis qu’il était tout petit. Jamais le Prince ne l’avait vue ainsi. Galadrielle Evanealle était perturbée par quelque chose, cela était évident, mais par quoi ? Telle était l’obsédante question qu’Aegnor se posait et dont il désirait ardemment en obtenir la réponse. Toutefois, brusquer sa tante relevait autant de l’étourderie que de l’irrespect aussi préféra-t-il ne pas s’y risquer. Il fallait manœuvrer bien plus habilement, un peu à la manière de toutes les vipères de politiciens qui peuplaient la cour des elfes.

      -Oui je désire plus que tout pouvoir explorer le monde, découvrir de nouveaux horizons, mais vous causer une quelconque peine serait au-dessus de mes forces. Même si ma volonté d'aventure est plus forte que tout, vous briser le coeur serait assurément briser le bien aussitôt. Mais sachez toutefois que je compte accomplir ce voyage un jour, et j'espère vivement que vous demeurerez sur le trône le jour de mon départ, et que vous le serez toujours quand je reviendrai.

      Aegnor prit sa tante dans ses bras, tentant de lui communiquer tout ce qu'il ressentait par la seule voie réellement efficace; sa chaleur corporelle. Il savait qu'elle comprendrait toutes les émotions qui brûlaient en lui à la manière d'un incendie incontrôlable. Galadrielle comprenait tout le temps, le Prince l'espérait pour cette fois encore, d'autant plus que leur discussion devenait réellement sérieuse. Pour la première fois, l'Impératrice n'était plus la mère adoptive d'Aegnor, mais bel et bien sa reine, à qui désobéir serait extrêmement douloureux, surtout d'un point de vue affectif.


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MessageSujet: Re: Un orage dans l'après-midi [PV Galadrielle Evanealle] TERMINE Lun 21 Jan 2013 - 1:12

Elle connaissait parfaitement son neveu et ses colères résonnaient dans tout le palais, la faisant doucement sourire alors qu'elle savait qu'après avoir explosé il venait la rejoindre en hurlant ses récriminations, le cœur blessé et indigné. En fait, selon son avis, Aegnor était un cœur fragile et bon, sensible et émotif... Et elle était prête à tout pour lui, prête à lui offrir n'importe quoi, à tout sacrifier pour son bonheur : son neveu était le fils qu'elle n'aurait jamais, il était le soleil de sa vie, il avait réveillé son cœur de mère. Malgré le fait qu'elle avait dit à Eliwyr qu'elle avait enfin comprit, qu'elle ferait cela, Galadrielle sentait son cœur se briser comme un miroir qui venait de s'écrouler sur le marbre blanc de ses couloirs, les petits morceaux lacérant sa chaire et lui faisait venir les larmes aux yeux. A présent qu'elle était au pied du mur, à présent qu'elle allait officialiser ce projet qui lui tenait à cœur, elle sentait les affres de l'égoïsme maternel faire vibrer son corps comme jamais et elle avait l'impression que si jamais elle laissait ces mots s'échapper de ses lèvres, elle en mourrait sous le poids de la tristesse. Pourtant... Pourtant il le fallait...

- Tu dois aller au-delà de l'opinion des conseillers mon chéri, essais de faire abstraction à leur mesquinerie pour utiliser leurs compétences qui est non négligeable... Souffla-t-elle pensivement en essayant de répondre à ses attentes alors que l'angoisse de l'arrivée de plus en plus rapide des révélations se faisait sentir.

Elle ne pouvait plus rester à ses côtés, elle se sentait tellement torturée et fragile en cet instant, qu'elle sentait qu'à tout moment elle pouvait baisser les bras et s’effondrer en larme, les lourds sanglots d'une mère désespérée résonnant dans la pièce en noyant son cœur, déchiré entre laisser partir son enfant et l'attacher à elle au risque de le briser. S'isolant près de la fenêtre, telle la proue d'un navire sur le point de se briser sur des écueils acérés comme jamais, Galadrielle serra ses bras autour d'elle comme pour s'accrocher à quelque chose, frissonnant en se mordant les lèvres, respirant profondément pour tenir tenir tenir... Elle était l'Impératrice de tous les elfes, elle ne pouvait que tenir et ne pas se laisser aller, elle ne devait que tenir... Frissonnant en sentant Aegnor la rejoindre et lui attraper la main, elle soupira doucement en gardant son regard vissé sur l'horizon au-delà de la vitre.

- Tu es adorable mon cœur, tu es adorable... Mais aussi éternelle que je sois à tes yeux, je ne me fais pas d'illusion sur le temps qui m'est impartit, murmura-t-elle doucement. Et la sagesse ne m'aidera pas à vivre plus longtemps que ce que je peux... Et puis, je suis sûr qu'une elfe de notre peuple comblera mieux tes attentes que ta pauvre tante, rit-elle doucement, mince trait d'humour dans un océan de peine et d'anxiété.

Un trait d'humour qui n'empêcha pas son neveu de parler une nouvelle fois du fois du fait qu'il ne voulait pas hériter du royaume, il ne lâchait vraiment pas l'affaire. Obstiné et tenace, il était un Evanealle après tout et au fond elle était vraiment très fière qu'il soit rempli de volonté et de force de caractère ; le jour où il acceptera enfin de gouverner à sa place, elle ne craindrait pas qu'il se fasse manipuler et écraser comme un vulgaire insecte sans importance. Au fond, elle serait toujours inquiète du devenir de son petit garçon, même sur son lit de mort, c'était une certitude aussi immuable que la longévité des chêne ou la souplesse des roseaux.

- Tu sais tout ce que tu dois savoir mon chéri : devenir un jour Empereur des elfes et épouser une dame de haut lignage pour faire prospérer notre famille et te soutenir dans l'épreuve que cela sera. Il n'y a rien d'autre que tu ne sais pas, soupira-t-elle en posant sa main libre sur son visage dans un signe de profonde lassitude : elle répétait la même chose sans fin à Aegnor, tous deux refusant de céder un pas à l'autre.

Fermant les yeux, elle trembla doucement en laissant son cher petit l'entourer de ses bras pour la serrer contre lui, préférant savourer ce silence et cette étreinte tendre avant de lancer la nouvelle qui lui ferait sûrement plus plaisir à lui qu'à elle. La Reine finit par entourer son corps de ses bras pour s'enfouir contre lui, inspirant profondément la chaleur et le parfum rassurant de ce grand garçon qu'elle avait élevé avec tout l'amour d'une mère à son fils. Le temps passa lentement et elle le repoussa légèrement pour caresser ses joues, dévorant son visage comme si c'était la dernière fois qu'elle voyait. C'était si dur de lui laisser la permission, cette permission qu'il rêvait tant et qu'elle ne voulait pas lui accorder parce qu'elle ne voulait pas qu'il lui arrive quoique ce soit, c'était tellement dur... Se mordant les lèvres en fermant les yeux, elle finit par se détacher de lui et s'assit sur son siège de bureau, serrant ses mains jusqu'à ce que ses jointures blanchissent, baissant la tête en tremblant doucement.

Galadrielle savait parfaitement qu'elle devait le laisser vivre sa vie et ses expériences, qu'il n'était plus la petite pousse qu'il y a quelques années, qu'il était à présent un beau et grand jeune elfe plein de promesse. Pourtant... Non, elle devait le faire, pour le bien de tous ! De tous, sauf du sien à elle... Respirant profondément en se redressant, elle s'essuyant les joues en reniflant le plus gracieusement possible et, sans quitter l'assise de sa chaise, elle se tourna vers lui et lui offrit un sourire doux aux lèvres, chaleureux et aimant, malgré les larmes qui s'écoulaient en torrent sur le velours de pêche de ses joues. Son cœur saignait sa souffrance et hurlait son refus et sa peine, des diamants purs et liquides quittaient l'écrin de ses yeux mais pourtant son visage rayonnait de fierté pour son neveu, s'illuminait d'amour et de tendresse pour lui, comme si elle était heureuse pour lui de ce qu'elle allait lui annoncer, comme si elle ne pleurait pas, comme si son cœur ne se mourrait pas sous le poids du chagrin.

Une Reine pensait au bien-être de tous, de son peuple et sa famille, bien avant le sien propre. Elle n'existait plus en tant qu'individu, elle n'était plus personne d'autre qu'une conception abstraite et protectrice, la Mère et le Bouclier.

- Comme tu l'as dit mon chéri, Eliwyr me tient en haut estime ainsi que notre amitié. C'est pourquoi, avec une profonde sincérité, il m'a dit ce qui serait le mieux pour toi et le peuple. Et je me suis rangée de son avis... Donc je t'annonce officiellement que, avec quelques conditions évidemment et que tu auras intérêt à respecter, que... Que tu pourras faire ce voyage vers la liberté que tu tiens tant à avoir, finit-elle par lui dire sereinement et avec un sourire doux et aimant au visage, le couvant du regard.

Elle paraissait tellement heureuse pour lui et calme, elle était en réalité effondrée et n'attendait que son départ de son bureau pour hurler son chagrin alors qu'elle n'avait déjà plus la force de retenir ses larmes de détresse...
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MessageSujet: Re: Un orage dans l'après-midi [PV Galadrielle Evanealle] TERMINE Lun 21 Jan 2013 - 13:48

      En d'autres circonstances, peut-être qu'Aegnor aurait été profondément touché par l'état de perturbation qu'avait atteint sa chère tante. En la regardant, il lisait sur son visage de l'anxiété et presque de la peur dans les yeux. Plutôt que de la réconforter, il sentait la curiosité brûler en lui, lui demander avec insistance la vérité. Obtenir les réponses à ses interrogations le démangeait. L'Impératrice des elfes n'était plus cet être d'exception qu'elle était habituellement, mais une femme abandonnée qui luttait intérieurement pour ne pas céder à Dieu sait quel démon. Pour la première fois de sa vie, Aegnor se sentait réellement impuissant face au malheur de Galadrielle. Autrefois il se serait emporté à nouveau, en espérant naïvement que ses colères la distraie de ce qui la rendait aussi malheureuse. Ce n'était plus si simple. Il était son unique héritier et le fils qu'elle n'avait jamais eu, au même dire qu'elle était elle aussi devenue sa mère adoptive, et lui demander la permission de s'en aller lui brisait le coeur. Le Prince le savait mais l'égoïsme de sa demande lui paraissait soudain un tribut beaucoup trop lourd à accepter. La petite femme qui frissonnait contre lui n'était plus la majestueuse Impératrice qu'il connaissait habituellement mais bien une dame dont les sentiments étaient en lutte avec sa conscience, et il ne pouvait rien faire pour l'aider. C'était là le dilemme du Prince, qui ne savait plus comment réagir.

      Partir était ce qui avait le plus d'importance aux yeux du Prince et pourtant, pour la première fois ses convictions furent remises en question. Peut-être devait-il effectivement accéder aux voeux de sa tante, qui désirait le former pour lui succéder. Les questions se suivaient dans l'esprit du grand blond, qui lui aussi commençait sérieusement à ne plus supporter la situation dans laquelle ils étaient. Il était tiraillé par ses buts personnels et sa culpabilité, et ne savait comment s'en sortir. Il était à la merci de sa tante, puisqu'il dépendait totalement de ce qu'elle allait lui annoncer. La lutte entre intérêt et devoir se faisait de plus en plus rude dans son esprit, car les deux aspects de lui refusaient catégoriquement une quelconque remise en question. Aegnor demeurait silencieux en dévisageant son Impératrice de tante, qui paraissait aussi perdue que lui, indécise jusqu'au bout des ongles, et ne pouvant dire mot. Les quelques instants de silence qui ponctuaient leurs paroles étaient d'autant plus douloureux et pénibles qu'ils n'offraient pas la moindre distraction à laquelle se raccrocher.

      Le coeur d'Aegnor chavira quand Galadrielle lui dit qu'effectivement il aurait à reprendre le trône un jour, et qu'il devrait épouser une elfe de haut rang. C'était exactement le genre de propos qu'il n'avait pas envie d'entendre, ceux qui scellaient son destin et sa vie. Il grimaça, se détournant de sa tante pour qu'elle ne voie pas toute la déception et la tristesse qui l'envahirent momentanément. La sentence était tombée. Déjà son rêve s'effritait, et ne resterait qu'un but d'enfant.

      Ce furent les tremblements de sa tante qu'il serrait contre lui qui attirèrent son attention. l'Impératrice s'était écartée puis assise derrière son bureau, peu assurée et au bord des larmes, refusant de croiser le regard de son neveu qui lui ne cherchait que cela. Il tentait en vain de capter ces magnifiques yeux qu'avait Galadrielle, en vain. Elle lui sourit, un doux rayon de lumière dans la pluie. Elle pleurait désormais, inondant ses joues, de grosses perles coulant sur sa peau douce et parfumée pour aller s'écraser sur le bois du bureau. Aegnor sentit son coeur se fendre devant une telle image, tout comme il comprit la douleur de sa tante. Les paroles qui suivirent confirmèrent le doute qui avait germé dans l'esprit du flamboyant Prince. Elle acceptait enfin sa décision et son choix. Envahi par la gratitude mais également par son affection débordante, les larmes lui montèrent aux yeux également, lui coupant la parole. Il demeura muet trop longtemps, n'osant briser tout ce qu'il ressentait à cet instant précis. Ses émotions étaient contraires, car, malgré la joie il savait ce que sa tante ressentait, et ce à quoi elle renonçait pour le plaisir de son neveu. Pour cela, Aegnor lui en était tellement reconnaissant qu'il en pleura de joie. Ce fut entre deux reniflement qu'il put enfin s'exprimer.

      -Je...Merci...Souffla-t-il faiblement, esquissant un sourire si révélateur.

      Malgré le sourire qu'arborait sa tante en façade, il savait combien cela était douloureux pour elle qui, d'une certaine manière, perdrait temporairement son héritier et fils adoptif. Aussi le Prince alla aussitôt vers elle, s'agenouillant à côté de l'Impératrice, prenant à nouveau dans les siennes et plongeant ses yeux fauves dans le bleu ciel de ceux de Galadrielle. La communion de deux esprits était un moment particulièrement beau, et Aegnor était persuadé qu'à ce moment là, les deux comprenaient parfaitement ce que l'autre ressentait. Avec un sourire contrit mais tellement lumineux, il essuya les larmes de sa tante avec beaucoup de délicatesse en usant l'extrémité de sa manche comme mouchoir, puis fit de même avec les siennes.

      -Ma tante, ce que vous venez de me dire là...Vous avez toute ma gratitude, dit-il doucement. J'ai souvent craint que vous n'aviez pas confiance en moi, ou que vous craigniez qu'il ne m'arrive quelque chose. Je crois vous comprendre enfin.

      Cette fois le sourire d'Aegnor se fit éclatant, à l'inverse de sa tante qui semblait se décomposer de plus en plus sur son siège, comme si elle regrettait amèrement ses dernières paroles. Le Prince désirait tant pouvoir la consoler, la prendre dans ses bras et lui dire que tout irait bien, mais il n'osait pas. Le sacrifice de l'Impératrice était le plus beau cadeau qu'elle ne lui ait jamais fait, et il comptait bien ne pas gâcher ce magnifique présent. Elle lui offrait sa chance, celle de découvrir le monde mais également de pouvoir se prouver à lui-même ses capacités. Galadrielle venait de lui offrir un avenir nouveau, dans lequel il ne serait pas uniquement l'héritier ne voulant pas de la couronne.

      -Quelque soient vos conditions, je les accepte, au même titre que...

      Aegnor hésita, lui aussi avait réfléchi, mais ne savait encore comment le dire. Il se tut. Comment l'annoncer à sa tante ? La première fois qu'il avait exprimé le fait que le trône ne l'intéressait pas du tout, elle l'avait doucement réprimandé, et les fois suivantes également. Cette fois, il avait mûri et sa décision était prise. Le feu crépitant qu'il était habituellement s'était réduit à quelques flammèches ronronnant dans les cendres encore rougeoyantes.
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MessageSujet: Re: Un orage dans l'après-midi [PV Galadrielle Evanealle] TERMINE Lun 21 Jan 2013 - 14:35

{hrp: pour bien lire ce rp, je conseille au sensible de se munir de paquets de mouchoirs et d'écouter en boucle cette musique -> http://www.youtube.com/watch?v=EoaPhxNubL0 }

---

Il y avait d'abord eu la surprise puis la joie, son neveu rayonnait tellement de bonheur qu'elle dû en tourner le regard, ses larmes ne cessant de s'écouler en une rivière bouillonnante sur ses joues creuses, son sourire se dissipant comme la brume au petit matin. Dans un sens, elle était heureuse qu'il puisse enfin s'épanouir dans une voie qui lui tenait à cœur, enfin libéré de la mesquinerie des autres qui ne voyaient pas le trésor, la pierre précieuse brut qui, une fois taillé, sera idéal pour le trône et le bien-être de ses sujets. Mais, dans un autre sens... Elle souffrait de le laisser s'envoler du cocon familiale : elle passait son temps à l'aider à grandir pour qu'il puisse prendre un jour sa place mais au fond, elle souhaitait que le temps se fige et qu'il reste l'éternel petit garçon énergique. Celui qui courrait partout en souriant avec insouciance, celui qui l'embrassait sans retenue en l'interpellant en faisant fi du protocole. Celui qu'il n'était plus parce que le temps, jamais ne s'arrête...

Posant une main sur sa bouche pour étouffer le bruit de ses sanglots, elle courba le dos sous le poids de la vieillesse et du chagrin, le rideau de sa chevelure couleur de lune voilant la vue de son visage souillée par les larmes, se mordant les lèvres pour garder une minimum de dignité, une dignité qui volerait en éclat lorsqu'elle se retrouverait seul dans son boudoir, à l'abri du regard et de la lumière, seule. Silencieuse et gracieuse, elle pleura en silence, fermant les yeux en peinant à respirer tant le poids de son cœur lui serrait la gorge, son corps tremblant sous la douleur alors qu'elle luttait de toutes ses forces pour ne pas ravaler ses paroles, lui dire que c'était une boutade ou qu'elle avait changé d'avis.

A trop vouloir enchaîner un rossignol, il perdrait sa voix... A trop enchaîner la liberté, elle se meurt... Elle ne pouvait pas le condamner à rester éternellement dans son jupon, Eliwyr avait raison : il devait vivre sa vie et apprendre ses propres expériences pour être digne du trône. Jamais décision ne lui avait paru si dur et si douloureuse... Son cœur lui faisait si mal et ses yeux semblaient ne jamais vouloir se tarir de ses pleurs, Galadrielle était tout simplement effondrée. Laissant Aegnor se mettre à ses pieds pour attraper ses mains, elle le regarda avec peine et fatigue, lui qui semblait tout simplement métamorphosé par ses larmes de bonheur. Jamais non plus elle ne l'avait vu si... Si heureux en cette vie... La dernière fois remontait à la période où il était encore jeune et insouciant, ignorant du poids de sa future charge. Elle lui offrit néanmoins un pauvre sourire quand il lui caressa la joue afin d'effacer son chagrin de sa main douce, le laissant attraper les petites perles cristallines comme lorsque l'on attrapait les délicats papillons dans de la soie d'araignée.

- Je suis... Heureuse que tu sois enfin comblé mon chéri... Mon petit garçon... Murmura-t-elle tendrement en le couvant de son regard, posant une main sur son visage, attendrit de l'amour qu'il avait pour elle, renforçant le sien pour lui. Ce n'est pas que je n'ai pas confiance en toi Aegnor, mais tu es mon fils et chaque mère craint pour la vie de son enfant et j'ai très peur qu'il t'arrive quelque chose quand tu es loin de moi... Souffla-t-il en papillonnant des yeux afin de chasser les larmes qui recommençaient à hanter son regard si las. J'ai si peur de te perdre mon petit cœur... Gémit-elle doucement en baissant la tête, se laissant aller à de nouvelles larmes en l'attrapant pour le serrer contre elle, caressant sa douce chevelure en sanglotant en silence, le corps frissonnant et l'étreinte en détresse.

Elle avait l'impression que ses siècles l'avaient rattrapé en un battement de cœur de colibri, jamais elle ne s'était sentit aussi lasse ou démuni, si faible face au temps qui change, son cœur serré au point de mourir dans sa cage d'os d'ivoire, sa gorge étouffé par le poids de son chagrin. Quand est-ce que son petit garçon avait grandit, assez pour ouvrir les ailes de la liberté et embrassé avec toute la passion et la flamme qui le caractérisait ce monde qui recelait tant de merveilles et de danger... Elle ne se souvint pas d'avoir assisté à la croissance de cette petite pousse qui était devenu un jeune arbre déjà fort...

Posant son regard fatigué sur le ronronnement maigre des braises, elle sentait le froid de la tristesse glacé ses os délicat et Galadrielle finit par se redresser et le libérer de son étreinte sûrement trop maternelle pour ce jeune et beau mâle qui certainement n'avait plus besoin de son amour un peu trop étouffant.

- Aegnor, je veux bien te laisser partir d'ici à quelques conditions... Je veux qu'à ton retour, quand tu te sentiras prêt à revenir auprès de moi, tu apprennes à mes côtés ton rôle de futur Empereur des Elfes... Je souhaite aussi que tu ne partes pas seul, je risquerais de mourir sous le poids de l'inquiétude, alors je vais faire rappeler ton meilleur ami à la Cour, Merithyn Shadowsong, pour qu'il t'accompagne dans ton voyage... Dit-elle doucement en caressant son visage, ramenant ses mèches blondes comme le soleil derrière ses oreilles avant de poser son front contre le sien en fermant les yeux, toujours frêle et tremblante. Je veux que tu me jures sur la Nature et Dracos tout-puissant que tu seras extrêmement prudent mon fils, et que tu m'envoies un message de temps en temps pour me raconter ton périple et me rassurer sur ton état... Si tu acceptes tout cela... Je te... Je te laisserais partir en paix... Souffla-t-elle en frottant leur nez l'un contre l'autre avant d'embrasser son front, se redressant en rouvrant les yeux pour le regarder.

Elle était effrayée mais elle voulait tant qu'il soit heureux comme lorsqu'il était petit...
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MessageSujet: Re: Un orage dans l'après-midi [PV Galadrielle Evanealle] TERMINE Lun 21 Jan 2013 - 21:28

      Un petit garçon courait dans l'herbe, riant aux éclats parmi les troncs d'arbres, vénérables témoins du temps s'enfuyant dans les vastes forêts elfiques. Ses longs cheveux d'un blond éclatant brillaient de toute leur lumière en cette fin d'après-midi. Ses grands yeux d'ambre étaient mis-clos, perdus au milieu de ce visage baigné par le soleil qui perçait l'épais manteau de feuilles. Un peu en retrait se tenait une elfe d'une grande beauté, dont la cascade de cheveux aussi blancs que la lune miroitait à chaque pas. Son regard azur couvait le petit elfe du regard, attentif au moindre mouvement ne paraissait pas naturel. Marchant doucement derrière son neveu, l'Impératrice Galadrielle regardait Aegnor s'amuser, puis courir vers elle lui sauter dans les bras, toujours en riant aux éclats.

      C'étaient de bons souvenir que ceux-là. Aegnor les chérissait, car son passé était son bien le plus précieux. Ses parents lui avaient été arrachés mais d'autres s'étaient substitués à eux. Même si le Prince avait beaucoup de respect pour son oncle, il l'appréciait beaucoup moins qu'il appréciait sa tante, qui était véritablement devenu sa mère adoptive. En dépit de la situation, le Prince était heureux, véritablement heureux. Enfin il pourrait partir, découvrir le monde et ses richesses. C'était là une perspective bien attrayante, le rêve d'enfant qu'il avait toujours eu. Dans l'immédiat pourtant, d'autres choses bien plus pressantes lui occupaient l'esprit, le bien-être de sa tante en particulier. Bien qu'il savait à quel point elle était heureuse pour lui, elle semblait détruite, fendue en deux par ce choix si difficile qu'elle avait dû faire. Il en était parfaitement conscient, d'autant plus qu'elle avait agi non pas en tant qu'Impératrice mais en tant que mère de coeur qui ne cherchait que le bonheur de son fils adoptif. Il lui en était reconnaissait, car elle aurait pu user de ses droits de souveraine pour l'obliger de rester, et il n'aurait rien pu tenter contre cela. Le fait que Galadrielle ait accepté de reconsidérer son choix était quelque chose que le Prince appréciait à sa juste valeur, surtout connaissait les projets qu'elle nourrissait à son égard. Même si elle lui imposait des conditions, il pourrait entreprendre ce voyage, et il était comblé.

      Les larmes de sa tante avaient néanmoins bouleversé Aegnor, qui n'avait pas le coeur à se réjouir davantage mais bien à tenter de panser les plaies de sa chère Galadrielle. L'Impératrice était une petite chose perdue qui pourtant luttait farouchement contre une nouvelle effusion de larmes, tentant d'endiguer le flot de pleurs qui manquait de la submerger. Le Prince admirait tant de vaillance et de courage, car n'importe quel autre être aurait cédé depuis fort longtemps déjà, mais pas elle. L'elfe à la cascade de cheveux nacre était parvenue à se contrôler d'une manière admirable au vu du sacrifice auquel elle avait consenti. Sachant dès lors que son départ était programmé, bien que la date officielle n'ait encore été arrêtée, Aegnor souhaitait profiter de tous les instants possibles avec elle, car leur temps ensemble était désormais compté. Chaque instant qui passait serait perdu, s'enfuyant dans leurs souvenirs, et ne les laissant que dans l'espoir qu'un jour ils pourraient se voir à nouveau. Fougueux et aventurier dans l'âme, le Prince était conscient qu'un drame pouvait se produire durant tel périple, mais il préféra ne pas le mentionner, de peur que sa tante ne l'oblige à rester.

      Il demeura ainsi quelques instants, à genoux auprès de sa tante adorée qui semblait tant avoir besoin de réconfort. Ses grands yeux bleus étaient encore humides de larmes, aussi ne dit-il rien et demeura à ses côtés. Il se remémora ce qu'elle avait dit, quelque chose en particulier. Elle avait évoqué un très vieil ami, Merithyn Shadowsong, le Baptistrel. Leur amitié remontait à leur premier regard, et les deux elfes se comprirent très vite. L'un honnissait par-dessus tout le mensonge, l'autre était, par voeu mais également par magie, incapable d'en prononcer. Repenser au chanteur remit beaucoup de baume au coeur au jeune Prince, qui déjà avait hâte de le revoir. La dernière fois qu'ils s'étaient entretenus remontait à quelques années déjà, aussi auraient-ils sûrement énormément de choses à se raconter. Dans l'immédiat, le Prince redirigea ses pensées vers l'Impératrice qui paraissait aller un peu mieux désormais, le choc initial étant passé. Il savait à quel point elle se souciait de lui, aussi lui promettre que tout se passerait bien était raisonnable, bien que probablement faux, aussi opta-t-il pour l'option de l'honnêteté totale.

      -Je ferai tout pour éviter le moindre ennui, je vous le promets. Au même titre d'ailleurs que je promets de ramener ce cher Merithyn en entier, sourit-il en éclatant de rire.

      Il secoua la tête, faisant virevolter ses mèches blondes devant son visage illuminé par cet éclat de joie. Après un court instant, il prit un ton solennel, comme il en avait l'habitude lorsqu'il faisait une promesse officielle à sa tante, en imitant lourdement les conseillers pompeux qu'elle possédait.

      -Impératrice des elfes, je vous jure sur la Nature et Dracos, bénis soient-ils, de revenir entier, sans blessures physiques ou mentales afin de débuter ma formation.

      Aegnor marqua une pause, inspira puis se lança, sachant que c'était à son tour de rendre sa tante heureuse. Il était pourtant indécis, sachant qu'il allait se lier poings et pieds à cet avenir dont il n'avait pas envie mais auquel il était destiné. Fuir ainsi était vain, son rang le rattraperait quoi qu'il pouvait arriver aussi songea-t-il amèrement que mieux valait s'y faire immédiatement.

      -Notre discussion m'a beaucoup fait réfléchir, et ma décision est prise. Je monterai sur le trône, le moment voulu, et quand je serai prêt à le faire. Et peu importe les circonstance, cela sera toujours à contre-coeur, sachez-le.

      Le Prince scruta le merveilleux visage de Galadrielle en quête d'une réaction, telle qu'il l'attendait, un ravissement soudain, comme quand il lui ramenait des fleurs étant petit. Il sourit à nouveau, ajoutant sur un ton mutin:

      -Mais moi aussi j'ai mes conditions, promettez-moi de vivre encore un millénaire !

      Son rire explosa à nouveau, tel une gerbe de flammes jaillissant d'un feu de joie. Sa colère s'était totalement dissipée, et l'orage de sa fureur se décomposait, d'immenses éclaircies apparaissant. Les nuages avaient été chassés par un vent chaud tournoyant joyeusement. Les rayons de soleil, bienveillantes attentions lumineuses perçaient la couche grise et cotonneuse du ciel. Aegnor rayonnait, en espérant vivement que sa joie raviverait sa tante dont le coeur meurtri saignait la décision qu'elle avait prise. Dans un instant de lucidité, le Prince sût qu'il devrait profiter pour devenir l'elfe que l'Impératrice rêvait qu'il devienne, autant par respect que par gratitude envers elle. Car, il ne le réalisait pas encore, elle venait de lui offrir sagesse et connaissance du monde sur un plateau d'or.


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MessageSujet: Re: Un orage dans l'après-midi [PV Galadrielle Evanealle] TERMINE Mar 22 Jan 2013 - 1:19

Il lui semblait que c'était hier que l'un des cuisiniers étaient venus se plaindre une nouvelle fois à elle que le jeune Aegnor avait encore volé des pommes dans les réserves et qu'elle n'avait pas été sa surprise de voir justement le coupable s'avancer vers elle, le soir, dans l'intimité de ses appartements, avec les mains blessés et une espèce de petite tarte aux pommes maladroites, tout fier de son coup. Comment pouvait-elle se fâcher et le réprimander d'avoir voler le cuisinier ? Elle ne pouvait pas, Aegnor était beaucoup trop adorable. Alors elle se contentait de lui dire qu'à l'avenir, il serait mieux de prévenir le cuisinier avant de le prendre sur ses genoux pour déguster tous les deux ensemble le dessert qui n'était pas mauvais, Thraranduil les couvant du regard en souriant.

Au fond, c'était il y a une éternité...

- Tu as tellement grandit mon fils... Je ne peux plus te surprotéger autant que lorsque tu étais une petite pousse, dit-elle doucement en s'appuyant contre le dossier de son siège en effleurant l'arrondi discret de la joue de son neveu. Tu comprends au moins ma peur pour toi ? Je t'aime tant Aegnor, tu es la dernière petite lumière dans cette longue existence qu'est la mienne et je ne veux pas te perdre... Souffla-t-elle en le regardant, les yeux débordant de larme et d'amour pour lui. Fais vraiment attention à toi mon chéri, je veux te récupérer indemne... J'ai encore envie de t'aimer et de te serrer dans mes bras même si tu approches de plus en plus de l'âge adulte, tu resteras toujours mon petit garçon... Dit-elle en prenant appui pour se redresser, soupirant doucement en l'aidant à se relever à son tour, époussetant ses habits.

Son petit garçon était plutôt un grand garçon, musclé et de longs cheveux blonds, il valait amplement l'un de ses soldats dans le fond. Soupirant doucement, elle déposa un autre baiser sur sa joue en le serrant contre elle, savourant le contact de sa présence encore avec elle.

- Je ne prêterais foi à tes promesses que lorsque tu reviendras pour les concrétiser petit chenapan, le gourmanda-t-elle gentiment en lissant les plis de la tunique de son neveu, redressant son col et lissant les pans de son haut.

Elle avait reprit une attitude sereine, comme s'il ne s'était rien passé, mais elle n'était pas dupe : elle pouvait sentir encore les tremblements de sa tristesse parcourir son corps et elle savait qu'elle s'effondrerait quand il quitterait son bureau. Pourtant elle avait réussit à se reprendre, à recomposer son masque de bienveillance légendaire, parce qu'Aegnor semblait tellement heureux, tellement euphorique et enthousiaste, qu'elle ne pouvait pas lui gâcher son bonheur avec ses larmes et ses préoccupations, cela serait trop égoïste de sa part.

- Je suis heureuse que tu veuilles bien enfin accepter ce destin qui est le tien mon chéri, dit-elle doucement. Si ça peut te consoler, je n'étais moi-même pas très enthousiaste à monter sur le trône de mon père. Je préférais étudier et découvrir le monde... J'ai même réussit à convaincre mon père de me laisser partir, rit-elle en entourant les pierres qui ornaient éternellement son cou, les frottant doucement de ses doigts alors qu'elle se noyait dans ses souvenirs. Il y a eut cependant... Un léger souci dira-t-on et j'ai dû rentrer... J'ai épousé ton oncle et je suis montée sur le trône pour devenir celle que je suis aujourd'hui. Si je te dis ça mon petit cœur c'est pour que tu comprennes que je n'ai pas non plus choisis cette voie-là au départ de ma vie mais que je l'ai quand même embrassé parce que le peuple avait besoin de quelqu'un pour le guider et le protéger. Pendant cinq siècles ce fut ma mission et ce sera un jour la tienne... Lui expliqua-t-elle doucement en caressant sa joue, douce et compatissante, priant pour qu'il comprenne son point de vue: qu'elle ne faisait pas tout ça par envie de l'embêter.

Il y a longtemps, elle avait été comme lui, oiseau libre et indépendant... Avant de se retrouver dans une volière... Elle aurait aimé épargné ça à son neveu mais c'était le fardeau des héritiers Evanealle. Galadrielle était cependant soulagée et contente qu'Aegnor finisse par se rendre compte de tout ce que cela impliquait et qu'à son retour auprès d'elle, il apprendrait sa future mission avant de devenir, elle l'espérait de toute son âme, un bon Empereur, peut-être même bien meilleur qu'elle.

- En tout cas, tu peux être sûr que la première chose que je t'apprendrais ce sera la patience envers ses langues de vipère de conseillers comme tu me le dis si bien, rajouta-t-elle dans un éclair de taquinerie malicieuse, souhaitant détendre l'atmosphère.

Une tentative qui marcha cependant mieux que la précédente puisque son neveu ne perdit pas son sourire et éclata même d'un rire merveilleux en lui souhaitant de vivre encore un millénaire ! Vivre jusqu'à 1780 ans... Ca risquait d'être dur mais bon. Préférant ne rien dire en réponse, elle lui sourit tendrement en serrant ses mains des siennes, comblée de le voir aussi épanouis : il lui en fallait peu pour de passer de l'état de bourgeon renfrogné à une magnifique fleur coloré et fraîche de rosé.

- Voulais-tu me parler d'autre chose mon chéri ? Lui demanda-t-elle doucement en le regardant d'un air concerné et aimant, un léger sourire flottant sur ses lèvres alors qu'elle retrouvait toute sa prestance bien loin de sa misérable apparence précédente.

Rester forte malgré la souffrance et la détresse, c'est tout ce qu'elle devait faire.

---

{hrp : il va falloir qu'on commence à parler du prochain rp entre toi, moi et Meri pour voir comment on va faire les choses. Et désolée pour les fautes s'il y en a, je les corrigerais demain si tu veux bien me les noter. Là je vais dormir, on aura qu'à voir ça demain quand je rentrerais, bisous bonne nuit.}
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MessageSujet: Re: Un orage dans l'après-midi [PV Galadrielle Evanealle] TERMINE Mar 22 Jan 2013 - 23:01

      Evoquer l'enfance n'était qu'un moyen de se soustraire au présent et au futur. Rechasser de vieux souvenirs et se laisser envahir par une nostalgie oppressante de mélancolie et de regrets. Peut-être était-ce une chose à faire finalement, ou peut-être pas. Songer à ce que l'on était en regardant ce que l'on deviendrait, quel meilleur moyen existait-il que celui-ci pour finir sa vie dépressif et sans objectif ? D'après Aegnor, la réponse était simple, aussi n'était-il pas quelqu'un qui pensait au évènements antérieurs pour la simple et bonne raison que ce qui appartenait au passé jamais ne reviendrait, et mieux valait se concentrer sur ce qui était à venir. Aussi, larmoyer sur ce qu'il était autrefois n'était pas dans sa manière d'être, et encore moins quelque chose qu'il faisait. Il lui arrivait d'y repenser, avec une dérision aussi grande que sa prise de recul. Rire de ce qu'on était, voilà qui était sain. Le Prince savait qu'autrefois, il n'était qu'un garnement sans aucune discipline, désobéissant beaucoup trop régulièrement pour être considéré comme un garçon calme. Au contraire, il était turbulent, vif et particulièrement colérique, trait qui n'avait pas changé dans le fond mais dans la forme. Songer au petit elfe aux longs cheveux blonds qu'il était lui rappelait systématiquement la même pensée: c'était par ses actes qu'il se définissait, et non par ce qu'il avait été à un moment de sa vie. Aegnor avait toujours considéré que le présent était l'instant le plus important, car il fuyait constamment, influençant le passé et décidant l'avenir. La lenteur et l'inaction étaient donc quelque chose qu'il détestait plus que tout, mensonges exceptés, aussi se posa-t-il une question capitale. Pourquoi donc sa tante lui rappelait-elle son passé à lui ?

      Au fond, quelqu'un de moins exubérant que lui aurait pu obtenir cette réponse aisément, mais il lui fallut un peu de temps et de réflexion. Galadrielle tenait à lui, c'était un fait avéré, prouvé à maintes reprises. Le fait était qu'il représentait ses espoirs de l'Impératrice autant que ceux, dans une certaine mesure, de tout un peuple. Dès lors, il était compréhensible que cet être d'exception qu'était l'elfe qui se tenait en face de lui se fasse autant de soucis pour le Prince. Aegnor serait amené à régner un jour, il le savait depuis le premier jour où le sujet fut abordé avec ses parents adoptifs. Jamais depuis lors la pensée de s'emparer du trône ne lui avait traversé l'esprit, il n'avait par conséquent pas compris tous les espoirs fondés en lui. Il venait de s'en rendre compte, bien des années plus tard. Jamais sa tante n'avait cherché à le brider mais bien à le protéger du mieux qu'elle pouvait, bien que ce ne fût peut-être pas la méthode la plus pédagogique. Néanmoins, le Prince était reconnaissant envers l'Impératrice, qui avait agi avec amour autant qu'avec le point de vue d'une souveraine. La discussion avait pris un tour très intéressant, car, pour la première fois de sa vie, il saisissait enfin la pensée de Galadrielle.

      Le colérique Prince se savait dès lors condamné à devoir hériter de la pesante charge de souverain, et de la couronne assortie à ce destin. Oh, comme il aurait souhaité repousser cela à plusieurs millénaires et profiter de sa relative jeunesse pour explorer le monde et ses secrets, pour se forger une opinion sur les humains, race dynamique et bien plus intéressante que les elfes. Jamais il n'avait quitté les bois elfiques, qui définissaient la totalité de son univers. Il n'avait entendu parler du monde que par des récits transmis de générations en générations, et par les chansons des quelques baptistrels sur lesquels il arrivait à mettre la main en privé de temps en temps. Ces derniers étaient des êtres mystérieux mais tellement intéressants que le Prince avait un jour souhaité pouvoir en posséder un rien que pour lui. L'idée avait paru si géniale sur le moment qu'il l'avait naïvement annoncée à sa tante. Bien des années plus tard, il avait compris à quel point un tel voeu était absurde. Aegnor demeurait pourtant le même, prenant grand plaisir à écouter ces chants magnifiques, et ces mages musiciens le fascinaient. Aussi la perspective de revoir son vieil ami Merithyn le ravissait, car ce dernier avait toujours quelque chose à narrer, et l'impatient Prince était avide de nouveautés. La simple idée de partir en voyage initiatique avec lui était la plus belle chose qu'il aurait pu souhaiter, et déjà il sentait des frissons d'excitation lui parcourir le corps.

      Aegnor fit la moue quand il entendit les paroles de sa tante, qui prétendait avoir été comme lui, plusieurs siècles plutôt. Curieusement, cela lui paraissait bizarre. Non pas que cela sonnait faux, au contraire, simplement que Galadrielle incarnait pour lui plusieurs valeurs et vertus, parmis lesquels ne figurait ni l'intrépidité ni le goût de l'aventure. Néanmoins, il savait qu'il n'avait connu que la Galadrielle souveraine, et non comme une Princesse. Aussi rit-il doucement quand il entendit cela. Ce n'était pas méchant, mais bien surprenant venant d'elle. Et puis de toute manière, le Prince qu'il était n'avait pas à juger sa souveraine, aussi ne commenta-t-il pas la remarque, préférant un mutisme ô combien plus pratique.

      -Non il n'y a rien d'autre que je souhaite ajouter, répondit-il à sa tante.

      Inutile d'en rajouter, c'eut été aussi peu productif que chronophage, aussi décida-t-il d'aller droit au but.

      -Du coup, vu que vous cautionnez enfin ce voyage, je m'en vais pour m'intéresser aux préparatifs. Car plus vite je serai parti, plus tôt je serai rentré ! Expliqua Aegnor d'un ton mutin, appuyant ses propos par un clin d'oeil révélateur de son état d'esprit.

      Alors qu'il se dirigeait vers la sortie d'un pas leste, il s'arrêta brusquement.

      -Puis-je vous demander de faire le nécessaire pour rappeler ce cher Merithyn ? J'ai bien peur de ne pas être capable de le faire revenir moi-même...

      Fidèle à son habitude, il fit un signe d'au-revoir de la main, sans regarder sa tante. Déjà son regard était tourné vers l'avenir, et ses pensées vers son voyage. Vivre dans le passé n'avait aucun intérêt, et le présent servait à préparer le futur. Chaque jour définissait celui qui allait suivre, ainsi allait la vie. Pour un elfe, c'était encore plus vrai que leur longévité leur assurait des siècles d'espérance de vie, à tel point que trouver une occupation était devenu capital. Aegnor, quand à lui, savait que dans l'immédiat, quelque chose allait retenir toute son attention et lui aspirer une grande quantité d'énergie, mais une telle perspective l'avait revigoré à tel point qu'il s'en alla presque en courant, un sourire d'une oreille à l'autre fendant son visage lisse et imperméable aux méandres du temps. Un voyage l'attendait.


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MessageSujet: Re: Un orage dans l'après-midi [PV Galadrielle Evanealle] TERMINE Mer 23 Jan 2013 - 16:47

… Légèrement hébétée, Galadrielle recula doucement et se laissa tomber sur son siège, le regardant faire ses projets comme si elle n'existait plus. Sans un mot de plus, elle avait l'impression d'avoir soudainement un étranger en face d'elle, comme si c'était tout ce qui l'avait intéressé dans leur conversation. La Reine hocha péniblement la tête quand il lui demanda de bien prévenir Merithyn et le regarda partir sans se retourner vers elle, sans l'embrasser ou même la regarder avec affection : elle ne représentait plus rien face à ce voyage qu'il réclamait depuis tellement de temps. Quand le calme redevint le maître mot de cet endroit, que la brise parut assourdissante, elle posa ses mains tremblantes sur son bureau et s'efforça de reprendre sa respiration. C'était quoi ce comportement ? Elle ne l'avait pas élevé ainsi, elle était choquée voire même anéantit de constater autant d'indifférence et d'insouciance de sa part. Avait-il seulement comprit à quel point cela lui avait coûté d'accepter ce projet qu'elle jugeait complètement fou ? Avait-il seulement comprit... Non il n'avait pas l'air d'avoir comprit et la tristesse la fit ployer de nouveau.

Un lourd soupir s'échappa de l'étreinte de sa poitrine et Galadrielle se remit péniblement au travail, ses dossiers s'enchaînant sans vraiment qu'elle s'en rende compte. Elle finit par abandonner ce qu'elle avait commencé par entreprendre et quitta son bureau, cheminant lentement au bon vouloir des couloirs. Son mari s'effaçait un peu plus chaque jour, son ami et cher conseiller Eliwyr était partit à Gloria, et son neveu... Secouant la tête en refusant de penser à lui et son bonheur aussi éblouissant, la blonde ouvrit la porte de ses appartements et sourit tendrement, quoiqu'avec un brin de lassitude, en voyant Thraranduil la regarder en souriant de toutes ses dents, arrangeant un bouquet de fleur qu'il comptait lui offrir.

- Thran...
- Je suis là mon amour.
- Il va partir et m'a déjà oubliée...
- Il est encore jeune, ne t'en fait pas : il reviendra.
- Et s'il ne revenait pas... Comme Isi...
- Tu ne peux pas écrire l'histoire et surtout pas la sienne, laisse-le grandir à présent.
- Je suis heureuse que tu sois présent Thran...

Fermant la porte derrière elle, Galadrielle s'avança jusqu'à se blottir dans l'étreinte protecteur des bras de son époux et ferma les yeux en savourant sa chaleur et son parfum. Tous deux admirant la fraîcheur des petites cloches de Fuchsias violet à pétale rose qui entouraient des Lantana blanc et de petites Bacopa bleu. Un petit bouquet mais riche en couleur et senteur... La Reine profita de cette fin de journée dans les bras de son mari qui était, pour une fois, réveillé et présent. Demain serait un autre jour...



{hrp: désolée pour cette courte réponse qui n'est peut-être pas très bien écrit}

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Un orage dans l'après-midi [PV Galadrielle Evanealle] TERMINE

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